Les journaux parus ce jeudi s’intéressent à la bisbille entre les leaders de l’opposition pendant que l’UNIR se prépare pour les prochaines échéances électorales. Aussi, les confrères évoquent-ils la chefferie traditionnelle au Togo.
Les responsables de l’opposition togolaise continuent de se tirer la bourre. Le sujet qui les oppose cette fois-ci est la composition du CNSD, une structure chargée du suivi de la décentralisation. En effet, les autres formations politiques, principalement le CAR, reprochent à l’ANC et surtout à son président, par ailleurs chef de file de l’opposition d’user systématiquement de ce statut pour s’accaparer toute chose qui revient à l’opposition dans son ensemble.
« La scène ressemble aux querelles des chiens autour d’un morceau d’os », relève ‘’Libération’’. Décidément, l’opposition togolaise est « incorrigible », observent ‘’Echos du Pays’’ qui notent également qu’elle ne « tire jamais les leçons du passé par rapport aux conséquences néfastes qui découlent » de sa désunion. « L’opposition trouve opportun de creuser sa propre tombe », renchérit ‘’Togomatin’’ qui précise le signe particulier de cette dernière : égoïsme, « invectives contre elle-même et autodestruction ».
Alors que ailleurs, l’opposition serre les rangs pour venir à bout du pouvoir, au Togo, elle préfère s’étriper pour des places dans des commissions, commentent ‘’Waraa les Vainqueurs’’. « Tout porte à croire que l’opposition n’a pas encore le programme d’alternance dans son agenda » conclut l’hebdomadaire.
Parlant justement de l’alternance, ‘’Togo Nyigba’’ fait remarquer que l’opposition togolaise n’a toujours pas trouvé le bon filon pour y parvenir, la faute peut-être à un « manque d’identité, au radicalisme et aux stratégies obsolètes ». Jean-Pierre Fabre ne voit pas les choses de la même manière. Dans l’entretien exclusif qu’il a accordé à ‘’Le Correcteur’’, le président de l’ANC appelle à la mobilisation des forces démocratiques pour imposer les réformes. Il martèle que « la situation actuelle peut-être celle qui précède l’explosion ».
Pendant ce temps, les cadres de l’UNIR sillonnent les préfectures à la rencontre des populations à l’effet de leur parler de la citoyenneté, du militantisme et surtout de la politique du chef de l’Etat, renseigne ‘’Libération’’.
L’UNIR qui soufflera demain sur la 5è bougie de son existence. Alors, « quel bilan pour ce parti présidentiel ? » se questionnent ‘’Waraa les Vainqueurs’’. Sans y répondre, le confrère assure que l’Union pour la République a tout simplement « le vent en poupe », aidée par des partis de l’opposition déserteurs du terrain au profit des querelles de clocher, même si, reconnait le confrère, l’UNIR n’a jusque-là pas encore organisé son congrès.
‘’Le Correcteur’’ répond et résume le bilan de l’UNIR en « deux joutes électorales contestées et une gestion chaotique du pays ». Pour ce jubilé de bois, l’on « sautera du champagne pour la misère des Togolais », déplore le bihebdomadaire. Il demande à Faure Gnassingbé de revoir sa gestion du pays, car « le cas du Togo fait débat et suscite curiosité ».
Mais à travers les propos de Georges Aïdam rapportés dans les colonnes de ‘’Togo Nygba’’, il est à retenir que « les résultats sont satisfaisants » en cinq ans de vie du parti. Et cinq années d’existence, ça se fête. Les militants de la formation à la couleur bleue l’ont compris et « s’activent ardemment », si l’on en croit au journal, pour donner à cette fête prévue à Atakpamé, lieu de naissance de l’UNIR, un « éclat » particulier qui risque d’être davantage rehaussé avec la présence annoncée de Faure Gnassingbé dans la ville aux collines.
L’autre sujet phare traité dans les publications du jour est la chefferie traditionnelle. Certains confrères ont signalé le mécontentement des Tèm qui n’acceptent pas qu’un chef Kabyè soit « imposé » à la tête de leur communauté. Le ministre de l’Administration territoriale aurait même rencontré les parties concernées pour calmer la situation. Il aurait, à cet effet, proposé une chefferie rotative. « Curieuse et choquante proposition » relève ‘’Liberté’’ qui ajoute qu’une « grande marche de protestation » est prévue ce jeudi à Sokodé.
C’est une manière pour le pouvoir de « se servir des ethnies pour semer les graines de la division », explique ‘’Le Correcteur’’. Jusque-là on n’avait jamais assisté à une marche d’une communauté pour « dénoncer l’hégémonie » d’une autre, mentionne ‘’Le Rendez-vous’’. Lorsque le Rubicon est franchi pour en arriver à la « grogne communautaire », le « régime cinquantenaire » du Togo entame là un « délicat virage » à l’issue incertaine, insiste l’hebdomadaire.
C’est une « véritable bombe à retardement » qu’il faut « à tout prix éviter », de peur qu’elle ne débouche sur un « conflit interethnique » dans la préfecture de Tchaoudjo, prescrit ‘’Le Patriote’’.
Dans un tout autre registre, ‘’La Nouvelle Tribune’’ informe que Adji Otèth Ayassor est nommé Directeur général par intérim de la Société africaine des biocarburants et des énergies renouvelables.
‘’Le Correcteur’’ dénonce un recours systématique de Faure Gnassingbé aux « has been » au détriment des jeunes. Pour sa part, ‘’Liberté’’ voit en cette nomination une consécration de l’impunité au Togo. Le tabloïd estime qu’une information judiciaire aurait dû être ouverte concernant l’ancien ministre des Finances et sur les soupçons de détournement de deniers publics révélés par la presse entre temps.
Le Service de Presse/HAAC