Les suites du retrait des fréquences à LCF et City Fm sont évoquées dans les journaux parus ce lundi.

Vers une issue favorable de la situation de la télévision LCF et de la radio City Fm ? C’est une interrogation de ‘’Canal D’’. « Tout porte à croire que oui, puisque face à la presse vendredi dernier le personnel de ses deux chaînes a affirmé privilégier dorénavant la voie du dialogue pour parvenir à une solution à l’amiable dans l’intérêt des 80 personnes employées par le groupe Sud Media, ceci après trois jours de marche », relève l’hebdomadaire.

Non content d’avoir entamé les « négociations de couloir » auprès des institutions compétentes, en l’occurrence le Médiateur de la République, ledit personnel en appelle à « l’implication personnelle » du chef de l’Etat en vue de parvenir à une « solution qui préserve les acquis sociaux des employés ».

Par ailleurs, ajoute le journal, le personnel du groupe Sud Media a « dénoncé les actions violentes ou propos haineux qui ont cours depuis le début de cette affaire et a condamné les récupérations politiques qui se font sur le dos de cette situation de détresse sociale ».

« Le personnel du groupe Sud Media refuse toute récupération politique de leur situation », confirme ‘’Forum de la Semaine’’.

Cette démarche des politiques de s’associer aux marches, ‘’Le Combat du Peuple’’ la trouve « dégoûtante ». Une « tentative malsaine de politisation et de récupération par des acteurs politiques en mal de sensation forte d’un évènement relevant du droit », dénonce le journal. La publication se veut claire : ce n’est pas le « rôle » des partis politiques d’emboucher la trompette de dénonciation pour prétendre défendre la liberté de presse. En le faisant, ils « risquent de compliquer les choses au contraire ». Seul le dialogue peut permettre de trouver une solution à ce problème, assure le confrère.

Dans tous les cas, le personnel de LCF et City Fm a clairement opté pour les négociations au détriment des manifestations de rue et d’un bras de fer. Cette posture n’est autre qu’un pied de nez des employés des deux chaînes aux organisateurs des manifestations de trois jours, souligne ‘’Liberté’’ qui parle d’ « ingratitude ». « Quelque part, c’est ‘’Adja-hoho’’ qui a raison, lorsqu’il conseillait dans ses commentaires d’un de ses films que lorsque tu vois un miséreux, de ne pas tout de suite avoir pitié de lui, mais de t’interroger d’abord sur les causes de sa situation actuelle », commente le quotidien privé.

Pour sa part, ‘’Vox Populi’’ élabore une analyse à cet effet et sous deux angles : l’angle « purement juridique » et celui « juridico-social ».

Sur le plan purement juridique, observe la publication, la HAAC est dans son rôle et sa décision portant retrait des fréquences à LCF et City Fm « ne pose pas problème ». Alors, si lutte pour la réouverture des deux stations il doit y avoir, elle doit « privilégier la négociation pour éviter de réveiller les morts ».

Sur le plan juridico-social, le recours du groupe Sud Media pour excès de pouvoir de la HAAC peut aboutir, poursuit l’hebdomadaire, car « l’autorité de la chose décidée n’est pas l’équivalente de la chose jugée ». De ce fait, le juge administratif de la Cour Suprême pourrait motiver sa décision comme suit : « Considérant que le groupe Sud Media fonctionne depuis 10 ans au Togo avec la complicité ou le silence de l’administration ; considérant que le groupe Sud Media engage du personnel togolais en majorité ; considérant que le groupe Sud Media fonctionne déjà comme media dans l’intérêt de la nation ; par conséquent, pour l’intérêt public, demande la réouverture du groupe Sud Media ».

Le confrère précise que cela se ferait avec une « simple constitution de dossier » ; et pour résoudre le problème de droit de propriété, la décision du juge « pourrait s’accompagner par la nomination d’un administrateur provisoire dans l’intérêt public ».

En outre, ‘’Vox Populi’’ pense que le cas LCF et City Fm, même s’il est une « bombe », c’est plutôt une « bombe efficace qui doit réveiller les consciences ». « Il faut dénoncer tous ceux qui refusent de respecter la loi et qui croient être au-dessus de la loi sur la terre de nos aïeux et ceux qui les confortent dans cette situation en leur accordant indûment des droits et traitements de faveurs », insiste le tabloïd.

En attendant de voir ce qu’il en retourne dans cette affaire pendante devant la justice, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication estime avoir pris ses responsabilités dans le respect de ses prérogatives. « Si un organe émet sans l’autorisation de la HAAC, c’est cette dernière qui a compétence à arrêter l’illégalité », réitère son président Pitang Tchalla dans une interview accordée la semaine dernière à ‘’Forum de la Semaine’’ et reprise ce jour par ‘’Nouvelle Opinion’’.

Dans le reste de l’actualité, les confrères se sont intéressés aux élections locales. ‘’Liberté’’ rapporte que le ministre des Affaires Etrangères, Robert Dussey a annoncé depuis l’Allemagne, au cours d’une interview à la radio Deutsche Welle, qu’elles auront lieu d’ici la fin de cette année. Seulement, le journal s’interroge sur le « crédit » qu’il faut accorder à une telle annonce. « Sincérité ou annonce pour embobiner les autorités allemandes ? » se questionne la publication qui se demande « sur quelle base » M. Dussey, qui du reste, ne serait pas « compétent pour parler de cette question » se fonde pour annoncer le scrutin à fin 2017 au plus tard.

Cette annonce a « semé le doute dans les esprits parce que certains y voient un coup de pub du ministre Dussey Robert pour émerveiller les officiels allemands qu’une information sérieuse reposant sur des bases consistantes », note ‘’Courrier de la République’’. Ce faisant, il a « mis le feu aux fesses du gouvernement » et surtout de son collègue Boukpessi qui avait mentionné une autre période pour les mêmes consultations électorales.

‘’Le Correcteur’’ rappelle que, « comme pour imiter leur patron », certains ministres font des promesses qui ne sont pas tenues. Le bihebdomadaire cite Ninsao Gnofam qui avait promis que la route Lomé-Vogan-Anfoin serait prête avant la fin de l’année 2016 mais rien n’y fit. Payadowa Boukpessi avait situé en 2018 les mêmes élections locales que Robert Dussey annoncent pour cette année. « Que vaut encore la parole d’un ministre togolais ? » se demande finalement le journal.

Autre morceau choisi de l’interview du Chef de la diplomatie togolaise dans les colonnes de ‘’Forum de la Semaine’’ : « Vous pensez que le président Faure voudrait rester au pouvoir éternellement ? Je ne crois pas ».

Là-dessus, ‘’Liberté’’ répond. « Si réellement Faure Gnassingbé ne veut pas s’éterniser au pouvoir, il aurait déjà fait les réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales prescrites par l’APG qui doivent notamment viser la mise en place de mesures garantissant de meilleures conditions pour l’alternance », écrit-elle.

‘’Le Correcteur’’ lui, doute des déclarations de ministre Dussey et explique que l’affaire LCF-City Fm et les démarches du Togo pour adhérer au Commonwealth, entre autres, constituent des « balises » pour un 4è mandat « en roue libre » de Faure Gnassingbé. Et de constater qu’au même moment, les forces démocratiques, précisément l’opposition togolaise est « sous anesthésie et en mode contemplation ».

Les réformes politiques sont également évoquées dans la presse du jour avec la commission de réflexion qui a rencontré les partis politiques pour recueillir leurs avis sur la question. Justement, après avoir échangé avec l’ANC, la présidente de cette commission a envoyé une lettre de remerciement et a dit vouloir continuer par compter sur le soutien du premier responsable de ce parti. La réaction du Chef de file de l’opposition n’a pas tardé à arriver. « Je ne soutiens nullement, ni votre commission, ni votre démarche, parce qu’elles sont contraires à l’esprit et à la lettre de l’APG », écrit Jean-Pierre Fabre en réponse au courrier de Madame Awa Nana Daboya.

Au surplus, ‘’Le Combat du Peuple’’ aborde, dans un registre différent, la question relative à la publicité médiatique caractérisée par « toutes sortes de dérives ». « A quand les mesures répressives de la HAAC s’interroge l’hebdomadaire » qui suggère à l’instance de régulation de « parer au plus pressé en définissant les limites à ne pas franchir, afin de mettre fin au laisser-aller auquel on assiste ».

Aussi,  »Liberté » informe-t-elle que le journaliste de  »L’Alternative », Robert Avotor, victime d’actes de violence le 7 février dernier alors qui était sur les lieux d’un reportage à Akato-Viépé, n’est pas sorti de l’auberge.

A en croire le quotidien privé, le journaliste en question a été renversé hier dimanche sous le coup de 19 heures par une voiture 4X4 banalisée non identifiée, alors qu’il était sorti hors de sa maison pour acheter du pain.

Toujours selon le quotidien, la vie du confrère est « en danger », car la voiture 4X4 aurait également été aperçue dans son quartier. Et pour ne rien arranger, le secrétariat du procureur de la République a « refusé » d’enrôler la plainte formulée contre ses ‘’agresseurs’’ du 7 février.

Les confrères en ligne eux commentent les échanges épistolaires entre le leader de l’ANC et la présidente de la commission de réflexion sur les réformes.

Le Service de Presse/HAAC

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