Les Journées portes ouvertes de la presse togolaise initiées par le CONAPP, la grève des enseignants, l’édition 2016 du dialogue entre le Togo et l’Union Européenne puis la crise gambienne meublent les colonnes des journaux parus ce vendredi.
En ouverture de cette revue, nous signalons que ‘’Le Perroquet’’ et ‘’Carrefour’’ se font l’écho du courrier que l’ANC a envoyé à la HAAC relativement à la non publication de son droit de réponse par ‘’Togo-Presse’’.
Mais l’hebdomadaire ‘’Carrefour’’ ne s’arrête pas à la simple publication de cette la correspondance. Le tabloïd fait observer que les médias privés sont « le souffre-douleur du régime » actuel qui serait, du reste, « aux abois ». Le confrère croit savoir que ces médias sont harcelés et persécutés pour des peccadilles, alors même qu’ils « éveillent les consciences collectives et relaient l’information dont ont besoin les masses populaires dans les coins les plus reculés du pays ».
Selon le journal, cet acharnement contre les médias privés, symbolisé par la fermeture de Légende Fm et Radio X-Solaire « pour des raisons fallacieuses » est d’autant plus incompréhensible qu’il contraste avec la mansuétude à l’égard des médias publics qui, pourtant, se laissent aller à des « dérives et violations flagrantes des règles éthiques et de déontologie du métier ».
 Journées portes ouvertes de la presse togolaise
Le lancement a eu lieu hier à Lomé et ‘’Forum de la Semaine’’, de même que ‘’Le Canard Indépendant’’ rendent compte dans leur livraison du jour du déroulement de cette 3è édition, initiative, tout comme les deux précédentes, du Conseil National des Patrons de Presse (CONAPP).
‘’L’Union pour la Patrie’’ précise que l’édition de cette année est axée sur « le vivre ensemble ». Toute chose que rien se saurait remettre en cause, pas même les divergences d’ordre religieux, dans un contexte marqué par la montée en puissance de l’intégrisme et du terrorisme. C’est donc à juste titre que les organisateurs ont articulé le thème central, non seulement autour des médias, mais aussi et surtout autour de la « laïcité et du dialogue interreligieux au Togo ».
Autrement dit, relève ‘’Togo-Presse’’, il s’agit au cours ces JPO, d’amener la presse à sensibiliser et « informer dans la tolérance et les règles de l’art ».
 Grève des enseignants
Le énième mot d’ordre de débrayage prend fin ce vendredi mais pour autant, a-t-on fini de parler de la grève dans le secteur de l’éducation au Togo ? La question reste posée. En tout cas, ces débrayages réitérés « paralysent » le système éducatif, note ‘’Vérité des Peuples’’, qui met à l’index la radicalisation des grévistes qui complique ce faisant toute recherche de solutions, malgré la volonté du gouvernement d’aller au dialogue.
Sur cette volonté du gouvernement, ‘’Le Canard Indépendant’’ s’interroge à l’aune de l’intervention du ministre de la Fonction Publique et de son collègue des Enseignements Primaire et Secondaire. Au lieu d’avoir une posture favorable à la décrispation de la situation, ils ont à travers leurs propos mis fin à toutes négociations avec les syndicats qui n’auraient, selon leurs dires, « aucune base légale ou réglementaire ».
La même analyse est faite dans ‘’Liberté’’ qui assure qu’au cours de leur sortie médiatique les deux ministres sus-cités ont plutôt « attisé le feu » et envisagé des « mesures de contournement » des enseignants grévistes. Et le quotidien privé de s’interroger : « où sont l’association des parents d’élèves et la société civile ? »
Aux deux structures, ‘’Le Perroquet’’ ajoute l’UNIR. La publication relève le « silence assourdissant » du parti du Chef de l’Etat, alors que les formations politiques de l’opposition elles, « appellent au dialogue ». L’hebdomadaire souligne que pendant que les élèves descendent dans la rue pour réclamer les cours, les ministres s’illustrent par leur « arrogance » à l’endroit des grévistes pendant que « Faure Gnassingbé priorise les voyages inutiles pour ‘’s’amuser’’ un peu et prendre de l’air (…) ».
« Le gouvernement s’enferme dans un autisme » face aux grèves à répétition, commente ‘’L’Alternative’’ qui mentionne également les « propos incendiaires » des membres du gouvernement cités plus haut sur le plateau de la Télévision nationale. Alors que le ministre Bawara est resté fidèle à son « langage de mépris » vis-à-vis des enseignants grévistes, le ministre Tchakpélé lui semblait « perdre son latin », écrit le journal. Le bihebdomadaire s’est attardé, stylo rouge en main, sur les interventions du ministre des Enseignements Primaire et Secondaire qui, à l’en croire, a carrément « massacré le français ». Morceaux choisis : « aujourd’hui nous nous posons des questions à savoir que ce cache-t-il réellement devant ces mouvements » ; « Pour beaucoup d’entre ces problèmes, des solutions ont déjà été trouvées, et pour d’autres, ces solutions qui sont en cours de solutionnement » ; « Evidemment, ces perturbations qui engendrent des journées sans cours, perturbent durablement et profondément le déroulement de l’année scolaire ».
Pour sa part, ‘’Forum de la Semaine’’ indique que « malgré la non reconnaissance de la légitimité des syndicats grévistes, la priorité est au dialogue ».
Dans tous les cas, lorsque ‘’Carrefour’’ ajoute à la grève des enseignants, le « débrayage du personnel des hôpitaux, la cherté de la vie, la grogne sociale permanente et le blocage politique », il conclut à « la faillite avérée et totale du pouvoir de Lomé ».
Dans un tout registre, les confrères, ont planché sur la crise gambienne avec Yahya Jammey qui campe sur la position de ne pas reconnaître les résultats de l’élection présidentielle qui l’ont pourtant donnés perdant. Une posture que ne digèrent pas pour l’instant la CEDEAO et la communauté internationale. La presse du jour est aussi revenue sur la 17è session du dialogue entre le Togo et l’Union Européenne.

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