L’actualité dans les publications du jour reste dominée par la crise politique au Togo.
Les regards sont désormais tournés vers le dialogue annoncé par le gouvernement. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les choses se mettent progressivement en place pour sa réussite. L’un des faits majeurs qui confirme les préparatifs de ces pourparlers est la rencontre d’échanges que l’émissaire du président ghanéen a eue avec le pouvoir et l’opposition à Lomé. Pour Albert Kan-Dapaah dont les propos sont rapportés dans ‘’Waraa les Vainqueurs’’, « le temps est maintenant propice pour démarrer le dialogue ». Reste à en préciser la date et le lieu. « Comme on peut le constater rien de concret n’a filtré de cette entrevue », note ‘’Le Changement’’.
Les participants ? Aucune précision non plus pour l’instant, mais ‘’Vision d’Afrique’’ explique que seule la coalition des 14 partis doit être l’interlocutrice du pouvoir en place, attendu que c’est elle qui porte des revendications. Il faut donc éviter que toutes les formations politiques soient invitées à la table des discussions, insiste l’hebdomadaire. De son côté, ‘’Panorama’’ prescrit la « prudence » à l’opposition, car la médiation en cours est « plombée », l’émissaire ghanéen étant un « ami personnel » de Faure Gnassingbé.
‘’Le Perroquet’’ aussi doute de l’issue de ce dialogue qui risque de permettre une nouvelle fois au régime en place de tirer son épingle du jeu. Le tabloïd recommande à l’opposition, une fois au dialogue, d’ « exiger et d’obtenir le retour des militaires dans leurs casernes et le départ de Faure Gnassingbé du pouvoir en 2020 ». Il faut même aller « au-delà d’un simple dialogue et négocier la fin de la dictature », suggère Dany Ayida, expert international en gouvernance et démocratie, dans une tribune publiée dans ‘’Liberté’’.
Pourtant, il est exigé des protagonistes de mettre de l’eau dans leur vin pour éviter le « pourrissement » de la situation, relève ‘’Chronique de la Semaine’’. Il faut « émettre des vibrations positives » pour donner des chances de réussite à ce dialogue, renchérissent ‘’Echos du Pays’’. Pas sûr que ces appels soient entendus de si tôt, car l’opposition, emmenée par son chef de file, pose des conditions avant le démarrage des pourparlers. Entre autres, la libération des personnes arrêtées dans le cadre des manifestations et l’élargissement de tous les détenus politiques ainsi que l’exigence d’un dialogue exclusif avec le pouvoir.
Ces préalables « risquent de compliquer les choses », soulignent ‘’Echos du Pays’’. ‘’Le Dialogue’’ assimile tout cela à un « diktat » orchestré par Jean-Pierre Fabre et prévient que cette posture est de nature à « faire tout capoter ». Quoi qu’il en soit, le dialogue pour lequel l’opposition « hésite » encore pour ne pas, entre autres, « perdre le financement de la diaspora » est la « voie la plus pérenne et la mieux indiquée » pour en finir avec la crise, opine ‘’Focus Infos’’.
Pendant ce temps, la coalition continue de mobiliser la rue. Elle a appelé à trois jours de manifestations à partir d’aujourd’hui. La coalition qui ne décolère pas après la sortie de Faure Gnassingbé à Témédja la semaine dernière. Le chef de l’Etat a, en effet, accusé l’opposition d’être responsable des manifestations violentes et leurs corollaires, rappellent ‘’Waraa les Vainqueurs’’. C’est un discours qui « cache mal l’apologie des crimes et des barbaries militaires », dénonce ‘’Le Perroquet’’. « Sans l’armée Faure n’est pas fort », renchérit ‘’Panorama’’ qui invite Louis Michel dont la fin de carrière est annoncée à « emporter dans ses valises » le chef de l’Etat togolais que l’homme politique belge, à l’en croire, avait qualifié de « président exceptionnel ».
Suite donc à « sa sortie scandaleuse » au camp de Témédja, l’opposition lui a « rétorqué », renseigne ‘’Le Changement’’. « Faure fait montre d’un caractère irresponsable, belliqueux et antipatriotique qui révèle au grand jour, le plan machiavélique d’épuration politique et de destruction de la nation », rapporte le confrère qui se fait tout autant l’écho de l’appel du professeur Wolou aux Forces armées togolaises : « ne laissez personne vous opposer aux civils ».
Dans le reste de l’actualité, la presse du jour informe que le bureau exécutif de l’UNIR a été installé mardi dernier. Elle évoque aussi la grève des enseignants qui a jeté des élèves dans la rue.
Le Service de Presse/HAAC