L’annonce de l’ouverture imminente d’un dialogue entre les acteurs politiques fait couler beaucoup d’encre dans journaux parus ce vendredi. Pendant ce temps, la coalition des 14 partis de l’opposition maintient la pression à travers la mobilisation populaire.

Les mesures d’apaisement prises par le gouvernement continuent de susciter des réactions. Le groupe des 5 et le parti UNIR, par exemple, appellent l’opposition à prendre part au dialogue, informent ‘’Le Changement’’, ‘’Innov-Africa’’ et ‘’Togoréveil’’. A en croire ‘’L’Union pour la Patrie’’, toutes ces réactions ont pour dénominateur commun « satisfaction et espoir » surtout en ce qui concerne le dialogue annoncé. N’est-il pas un « dialogue de trop ? » s’interroge ‘’La Dépêche’’ qui fait observer que plusieurs autres rounds de discussions ont été organisés sans pour autant produire des résultats escomptés. « Quel dialogue encore ? » s’interroge ‘’L’Alternative’’.

Quoi qu’il en soit, ‘’Innov-Africa’’ considère l’annonce de ce dialogue comme une « main tendue » et se demande si elle sera saisie par l’opposition. Si celle-ci marque sa disponibilité à prendre part au dialogue, elle pose cependant ses « préalables ». Entre autres, la « libération de tous les détenus politiques », renseigne ‘’Le Canard Indépendant’’. ‘’Forum de la Semaine’’ elle, parle de « préalables surannés ». L’exigence de ces préalables et une nécessité pour l’opposition togolaise car, si elle ne le fait pas, elle « risque de se faire happer une nouvelle fois », opine ‘’Liberté’’.

Pour le quotidien privé, il faut non seulement exiger et obtenir du pouvoir des « garanties de succès et de mise en œuvre des conclusions de ce dialogue » mais aussi insister sur la présence des « personnalités nationales ou internationales connues pour leur neutralité comme cautions morales ou garants des accords ». En tout cas, l’opposition doit « jouer sa partition et agir avec la plus grande responsabilité en œuvrant pour l’intérêt national et la sauvegarde de la paix ainsi que la cohésion nationale », recommande ‘’Innov-Africa’’.

Ainsi que le souligne ‘’L’Eveil de la Nation’’, des « doutes planent » déjà sur la réussite de ces pourparlers dans la mesure où l’opposition n’est pas dans une logique d’assouplissement de sa position. L’hebdomadaire suggère d’ « éviter les extrémismes, les intransigeances et les extravagances », car chacune des parties doit accepter de faire des concessions pour aboutir à un compromis. Tout comme le tabloïd, le ministre Gilbert Bawara invite dans les colonnes de ‘’Forum de la Semaine’’, ‘’Togoréveil’’ et ‘’La Dépêche’’, l’opposition à « éviter toute forme de préalables, de surenchère ou d’exigences surréalistes qui rendraient le dialogue beaucoup plus périlleux et qui compromettraient les résultats ».

En attendant l’ouverture effective de ce dialogue, la mobilisation dans la rue « ne faiblit pas », observe ‘’La Dépêche’’. Plusieurs villes, sauf Sokodé et Bafilo, ont « grondé » pour réclamer le « départ de Faure Gnassingbé », souligne ‘’L’Alternative’’. Aussi pour demander le retour à la constitution de 1992 complète ‘’Le Changement’’. Et l’on a enregistré une « mobilisation record » au 3è jour des manifestations, note ‘’Liberté’’ qui ajoute qu’un cortège des artistes a été « attaqué » par des « militaires » à Agoè.

Toujours à en croire ‘’Liberté’’, les militaires ont « préféré des menaces » contre les journalistes de Radio Tchaoudjo à Sokodé. « C’est vous qui ouvrez votre antenne aux opposants. Va dire à tes collègues qu’ils payeront » aurait lancé un militaire à l’endroit d’un journaliste de cette chaine de radio qui se rendait au service tôt le matin.

En lien avec les médias, ‘’Innov-Africa’’ rappelle que le Mouvement Martin Luther King a interpelé le ministère de la Communication et la HAAC à propos du « traitement expéditif » des manifestations de l’opposition par les médias publics. Manifestations dont les chiffres tels qu’annoncés par le ministre de la Sécurité ne correspondraient pas à la réalité, selon ‘’Liberté’’. Le quotidien privé se fait aussi l’écho d’une enquête du magazine panafricain ‘’Afrique Magazine’’ qui présente Faure Gnassingbé, Ali Bongo Ondimba et Joseph Kabila comme « les héritiers particuliers ‘’élus’’ ou ‘’désignés’’ qui incarnent souvent les présidences familiales au long cours ».

Le Service de Presse/HAAC

 

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