La situation politique au Togo meuble les colonnes des journaux parus ce jeudi.

Le gouvernement togolais a décidé il y a quelques jours de convoquer un dialogue à l’effet de résoudre la crise que traverse le pays. « Cette démarche quoique salutaire aurait eu plus de poids et de crédibilité aux yeux de l’opinion si une date avait été déjà avancée, de même que le cadre du dialogue fixé », commente ‘’Flambeau des Démocrates’’.

Qu’à cela ne tienne. Même si la date de ces pourparlers n’a pas été précisée, le groupe des 5 et le parti UNIR ont salué cette initiative du gouvernement, relève ‘’Chronique de la Semaine’’. Aussi, la plupart des observateurs continuent-ils d’appeler de leurs vœux les retrouvailles entre politiques autour d’une table. Alors, « les protagonistes saisiront-ils la main tendue du gouvernement ? » s’interroge ‘’Le Dialogue’’. Pour ‘’La Nouvelle Tribune’’, le gouvernement doit « accélérer la cadence face aux grandes attentes » et l’opposition « faire preuve de réalisme ».

Le réalisme, c’est justement ce qui manque à la coalition qui en est encore à faire de la « surenchère » alors que le gouvernement « œuvre pour que le dialogue annoncé prenne corps », se désole de constater ‘’Togomatin’’. Le bihebdomadaire se demande « Jusqu’où ira l’opposition avec le refus de la main tendue du pouvoir ». Dans la même veine, ‘’Chronique de la Semaine’’ assure que l’opposition « fait déjà montre de sa mauvaise foi », non seulement en « campant sur sa position mais en se radicalisant davantage ». Devant ce constat, ‘’Le Patriote’’ déduit que le dialogue annoncé par le gouvernement « a du plomb dans l’aile ». Le confrère observe que l’opposition se montre « méfiante » eu égard à la non application des accords qui ont découlé des différents dialogues organisés jusqu’ici.

Pourtant, il faut bien que la crise soit résolue. C’est pourquoi ‘’Echos du Pays’’ recommandent au pouvoir et à l’opposition d’ « évacuer la peur de l’échec et de s’y mettre » pour réussir les pourparlers annoncés. Pour sa part, ‘’Le Dialogue’’ invite l’opposition à se départir de son intransigeance habituelle pour donner une chance de réussite aux discussions qui vont s’ouvrir bientôt, « au risque de tout perdre ».

En attendant l’ouverture effective du dialogue, la coalition des 14 partis de l’opposition continue de mobiliser les populations à travers le territoire. L’on est rendu ce jeudi au dernier des trois jours de marche. Mardi déjà, le ministre de la Sécurité s’était félicité de l’allure pacifique des manifestations, rappellent ‘’Le Dialogue’’ et ‘’Forum de la Semaine’’. ‘’Le Patriote’’ s’attarde justement sur « l’incompréhensible » Yark Damehane qui, à l’en croire, s’est mis à « défendre l’indéfendable » depuis le début de la crise au point d’écorner sa propre image et de « desservir » le pouvoir par ses interventions. En tous cas, « la tempête n’a pas eu lieu malgré la mobilisation des djihadistes du PNP », écrit ‘’Chronique de la Semaine’’.

Si les marches ont pu être organisées dans certaines villes, ce n’est pas le cas de Sokodé et Bafilo où toute tentative de regroupement a été dispersée, les conditions sécuritaires n’étant pas réunies, selon les autorités. Du coup, Sokodé est « sous pression », signale ‘’La Nouvelle Tribune’’. C’est « l’état de siège à Sokodé et à Bafilo », renchérit ‘’Liberté’’ qui s’intéresse aux « tenants de l’appareil répressif » des manifestations de l’opposition. Le quotidien privé croit savoir le ministre de la Sécurité n’est en réalité qu’un « fusible, les vrais commandeurs de l’attirail répressif étant ailleurs, tapis dans l’ombre ».

L’interdiction dans ses deux villes a mis en courroux la coalition. « Nous irons marcher à Sokodé et à Bafilo », menace Mme Brigitte Adjamagbo du CAP 2015 dans des propos rapportés dans ‘’Le Patriote’’.

Revenant sur la crise au Togo, ‘’Echos du Pays’’ soulignent que les « responsabilités sont partagées ». ‘’Le Patriote’’ complète en expliquant que le Togo est en fait « victime de politiciens à double visage ».

Il faut dire que les manifestations, quelles qu’elles soient sont relayées par les médias. Parfois, pas bien à propos, ainsi que le remarque le Mouvement Martin Luther King, en ce qui concerne le traitement qui en est fait sur les médias publics. Le MMLK s’insurge dans ‘’Liberté’’ contre « la censure et le traitement expéditif » qui sont réservés aux manifestations de l’opposition. Le Mouvement « demande au ministère de la Communication et à la HAAC de rappeler ces médias publics à l’ordre professionnel .

Le Service de Presse/HAAC

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