Les journaux parus ce mercredi évoquent le verdict rendu hier par la Chambre administrative de la Cour Suprême dans l’affaire LCF-City, autant qu’ils s’intéressent aux perturbations constatées dans le secteur de l’éducation.
Affaire LCF-City Fm
‘’Le Messager’’ informe qu’elle est passée hier devant la Chambre administrative de la Cour Suprême. La décision de ladite Cour « n’a pas été favorable » à la partie requérante dont le recours a été « jugé irrecevable pour défaut de qualité et d’intérêt à agir », précise la publication.
La Chambre administrative de la Cour Suprême a, en fait, expliqué qu’ « il y a une différence entre le groupe Sud Média représenté par son DG Luc Abaki et le groupe Sud Média Sarl U représenté par Pierrette Nasr épouse Bodjona », rapporte ‘’Tingo Tingo’’. L’hebdomadaire ajoute que « cet argument a été balayé du revers de la main par Me Abi Tchessa, conseil du groupe Sud Media qui a fait observer que la chaîne de télévision créée sous le nom TV TG2 est devenue TV2 sans que cela ne pose aucun problème jusqu’à présent ».
‘’Liberté’’ elle, constate une « fin malheureuse » de ce dossier, dans la mesure où le rejet par la Cour Suprême du recours du requérant « consacre le retrait des fréquences ». Le quotidien privé donne la parole à l’avocat du groupe Sud Média qui peste : « la Cour Suprême n’a pas examiné le recours. Elle a préféré s’enliser dans des considérations de mots et de phrases pour en tirer des conséquences sur le plan juridique, alors que là n’est pas la question. Lorsqu’on dit qu’une personne n’a pas qualité et intérêt à agir, cela veut dire que la décision ne lui porte aucun préjudice, autrement dit, LCF et City Fm n’ont pas de propriétaires. C’est ce que semble nous dire la Chambre administrative avec des considérations qui n’ont rien à avoir avec le dossier ».
Luc Abaki y va de sa dénonciation : « la Cour Suprême a voulu dévier le débat de façon très lâche. A la limite, j’ai l’impression que nous avons atteint le summum, sinon le comble de l’indécence et de l’immoralité au Togo. On retire des fréquences qui sont notifiées au représentant légal de LCF et City Fm qui sont chapeautés par le groupe Sud Média à qui l’on a assigné des chèques de l’aide de l’Etat à la presse comme tel. Aujourd’hui, la Cour Suprême nous dit que nous n’avons pas qualité et intérêt à ester auprès d’elle. Il aurait fallu qu’elle nous dise alors qui serait qualifié et aurait intérêt à ester auprès d’elle ».
A la question de savoir quel est le sort réservé aux employés du groupe Sud Média, M. Abaki répond qu’ « il appartient à celui-là qui a décidé de façon arbitraire et immorale du retrait des fréquences de nous dire le sort qu’il réserve à ces employés ».
« Dommage le match n’aura pas lieu », se désole ‘’La Lanterne’’.
Là-dessus, ‘’Le Libéral’’ note que « les chances de réouverture de LCF et City Fm s’amenuisent », attendu que « le bras de fer qui oppose le groupe Sud Média à la HAAC reste toujours dans l’impasse et est loin de trouver un dénouement heureux pour ces dizaines d’agents qui attendent impatiemment de retrouver leur travail ».
Toujours en lien avec la HAAC, ‘’Le Messager’’ évoque l’affaire d’autorisation d’installation et d’exploitation de sociétés de distribution de bouquets de programmes audiovisuels en mode numérique terrestre. L’hebdomadaire souligne que contrairement à certaines informations qui tentent de faire croire l’inverse, « il n’y a jamais eu d’attributaire » dans ce dossier et ceci pour deux raisons principales.
D’abord, parce que « le nombre minimal requis de trois offres validées n’a pas été atteint en vue d’une adjudication transparente et concurrentielle ». Ensuite, « la nomination de nouveaux membres de la Haute Autorité obligeait le reliquat de la HAAC d’alors qui a lancé l’appel d’offres à mettre le dossier en stand-by ».
Et le confrère de s’interroger : « Pourquoi c’est seule la société STARTIMES Media Togo qui dépose un recours, alors qu’elles sont en fait deux sociétés qui sont dans le cas ? A-t-elle plus le droit que l’autre société qui visiblement a compris l’intérêt que comportait cette décision d’annulation de la HAAC ? » « C’est sur quelle base STARTIMES Media Togo fait son recours, alors qu’il n’y a jamais eu de délibération jusqu’à ce qu’on ne parle d’attribution pour qu’elle se voit en attributaire ? ».
Commentaire du tabloïd : « Pour l’instant, l’annulation de ce dossier qui donnerait de la migraine à la société qui a fait recours à la Chambre administrative de la Cour Suprême n’est pas encore un crime. Puisque, annuler ne veut aucunement dire abandonner. La polémique créée autour d’un tel dossier n’a pas raison d’être en réalité, sauf si l’on a d’autres visées ».
Perturbation dans le secteur de l’éducation
La semaine dernière, le Groupe de travail a fait le point de ses activités. En vue de permettre au gouvernement de réfléchir sur une partie des revendications des syndicats, le Groupe a demandé une trêve de deux semaines dans l’observation des mouvements de débrayage. Seulement, cette trêve « n’a pas empêché le maintien de la grève des enseignants », avec des conséquences lourdes, mentionne ‘’Le Messager’’. « On n’est pas sorti de l’auberge », remarque ‘’Le Libéral’’.
« Et si la FESEN et la CSET qui ont appelé à la grève cette semaine mettaient de l’eau dans leur vin et accordaient le bénéfice du doute au gouvernement ? » se questionne ‘’La Lanterne’’.
« Pendant que le gouvernement nargue les enseignants, les élèves battent le pavé », indique ‘’Tingo Tingo’’. L’hebdomadaire pointe du doigt les propos ‘’peu courtois’’ du ministre de la Fonction publique qui a fait une sortie médiatique lundi dernier. Pourquoi les collègues de Gilbert Bawara ne tiennent pas les mêmes propos que lui ? « Voudrait-on nous faire savoir que c’est le ministre Bawara seul qui a une bouche ? Voudrait-on nous faire comprendre qu’il a une éducation entièrement à part ? N’était-il pas en mission commandée ? », se demande le journal qui ne comprend pas « pourquoi après ses injures grossières, il n’a jamais été rappelé à l’ordre ». Il en vient à la conclusion selon laquelle Sélom Klassou et Gilbert Bawara sont « la honte de la République ».
A son tour, ‘’Vision d’Afrique’’ signale que les enseignants ont été « requinqués par les propos clivants de Gilbert Bawara ». Il faut agir d’urgence pour « sauver l’année scolaire », implore ‘’Focus Infos’’.
Lorsque ‘’La Dépêche’’ ajoute aux mouvements d’humeur des enseignants les manifestations qui ont suivi la hausse des prix des produits pétroliers, elle se demande « qui dirige le Togo ». « Faure Gnassingbé doit parler pour rassurer, car il est trop loin des Togolais », suggère la publication. Parlant des manifestations engendrées par l’augmentation des prix, ‘’Focus Infos’’ souligne que le gouvernement a « assuré un service minimum ».
Dans un tout autre registre, certains confrères abordent la journée internationale de la femme. « A quoi ressemble le panier de la ménagère au Togo ? » s’interroge ‘’La Lanterne’’. ‘’Vision d’Afrique’’ informe pour sa part que « la gent féminine plaide pour une planète 50-50 d’ici 2030 ». Quant à ‘’Le Libéral’’, il publie le top 5 des femmes les plus influentes du Togo. L’on y retrouve Awa Nana-Daboya, Ingrid Awadé, Cina Lawson, Victoire Dogbé et Ibrahim Mémounatou.
Par ailleurs, ‘’Tingo Tingo’’ note que le ministre des Affaires Etrangères a « enfariné l’opinion » en annonçant que les élections locales auront lieu d’ici la fin de cette année. Aussi, le journal se réjouit-il de ce que Henri Gapéri a enfin « libéré les Togolais de ses conneries ». L’ex-Commissaire général part avec des indemnités de 105 millions de F CFA, renseigne ‘’Focus Infos’’.
Au surplus, la presse du jour est revenue sur le 60è anniversaire de l’indépendance du Ghana. Si ‘’Le Messager’’ qui précise que le chef de l’Etat a pris à cette célébration rappelle que le Togo et son voisin de l’Ouest, « liés par l’histoire et la géographie entretiennent des liens intrinsèques forts », ‘’Liberté’’ croit savoir que Nana Akufo-Addo a voulu mettre une « pression indirecte » sur Faure Gnassingbé et Robert Mugabé, deux présidents qui « rament à contre-courant de l’évolution démocratique » afin qu’ils « rentrent dans les rangs ».
Et puis, ‘’Liberté’’ révèle qu’un référendum est « mijoté dans les arcanes du pouvoir ». L’idée, écrit le confrère, serait de profiter de la révision constitutionnelle pour « passer à une nouvelle République » en vue de « légitimer les desseins » d’éternité au pouvoir de l’actuel chef de l’Etat.
Le Service de Presse/HAAC