La semaine s’achève comme elle a commencé, avec à la une de l’actualité le retrait des fréquences à LCF et à City Fm.
‘’Le Patriote’’ observe que « la patate chaude » filée aux différentes mandatures a finalement « trouvé un croqueur, un courageux » nommé Pitang Tchalla qui a signé la décision de retrait des fréquences radioélectriques des deux chaînes auxquelles la HAAC reproche de n’être pas en règle vis-à-vis de la réglementation en vigueur. Sauf qu’en prenant cette décision, le président de la Haute Autorité « se met dans une situation de forfaiture totale qui met à mal le monde médiatique togolais », commente le tabloïd.
Cependant, ajoute l’hebdomadaire, la décision « inopportune » de l’instance de régulation a le mérite de contribuer à « crever l’abcès des pratiques tordues » dans l’administration togolaise. Le confrère se demande si Pascal Bodjona, dont le nom est associé à LCF et à City Fm n’est pas « victime des pratiques » qu’il a lui-même participer à faire prospérer lorsqu’il était aux affaires.
‘’Le Canard Indépendant’’ qui se fait un large écho du point de presse du personnel du Groupe Sud Media, note que les hommes et femmes qui y travaillaient sont en « pleine psychose », ne sachant plus « à quel saint se vouer ».
‘’Togomatin’’ lui, essaie de couper la poire en deux et assure que « si LCF et City Fm sont nés dans un péché originel comme l’infèrent certains, c’est que la HAAC a également besoin d’aller se laver de certains péchés passés, au Jourdain ».
Pour sa part, ‘’Togoréveil’’ répartit les torts entre Pascal Bodjona promoteur des deux médias, coupable de « l’impardonnable négligence » de n’avoir pas accompli toutes les formalités nécessaires à l’implantation des deux stations et la HAAC qui a mis du temps à décider de ne pas « laisser prospérer une entreprise qui n’est pas en règle ». Mais le confrère se veut clair, le fait pour un média évoluant dans « l’illégalité » de couvrir, entre autres, les activités de la présidence, de la HAAC et même de bénéficier de l’aide de l’Etat à la presse « ne peut s’assimiler à une autorisation ».
‘’L’Eveil de la Nation’’ s’intéresse également au sujet et fait remarquer que les deux organes émettent depuis 2007 mais c’est 10 ans après que la HAAC dirigée par Pitang Tchalla constate l’irrégularité dans l’acquisition des fréquences par le groupe Sud media. « Que fait-on des principes des droits acquis et de la continuité de l’Etat ?» s’interroge la publication qui évoque également les conséquences de la décision de la Haute Autorité.
Le tabloïd signale qu’elle aura des « incidences graves » sur le classement annuel de Reporter sans Frontières sans oublier le processus de Millénium Challenge Account dans lequel le Togo est engagé. A cela il faut ajouter « la mauvaise publicité que cela fera d’abord au président de la HAAC Pitang Tchalla qui est celui par qui la dépénalisation des délits de la presse a vu le jour et ensuite au chef de l’Etat qui a toujours pris de la hauteur par rapport au travail de la presse dans son ensemble ». Le journal d’exhorter l’institution de régulation à reconsidérer sa décision.
En attendant, ‘’L’Eveil de la Nation’’ constate qu’une « avalanche de condamnations et d’interpellations » a été enregistrée suite à la mesure de la HAAC. Organisations de la presse sur le plan national, la Fédération Internationale des Journalistes, l’Union internationale de la Presse Francophone, Reporter sans Frontières, les partis politiques et les organisations de la Société civile ont réagi, qui pour dénoncer « l’arbitraire » de la Haute Autorité, qui pour l’inviter à revenir sur sa décision.
A propos de cette dernière catégorie d’acteurs, c’est-à-dire la société civile, une douzaine d’associations annonce 6 jours de marche, écrit ‘’L’Alternative’’ qui publie aussi la réaction des organisations de presse et de la CDPA. En ce qui concerne cette marche, elle aura pour point de chute la HAAC et aura lieu les 14, 15 et 16 février d’une part et les 21, 22 et 23 février d’autre part.
‘’L’Alternative’’ rappelle également que le membre de la HAAC, Zeus Aziadouvo a envoyé une correspondance à la Cour Suprême du Togo à propos de la situation de LCF et City Fm. Tout comme François Akila Boko, Koffi Kounté et Francis Pedro Amuzun, le bihebdomadaire présente le président du Comité technique Presse Ecrite comme un homme ayant fait preuve de « courage républicain », car « quand on refuse, on dit non ».
Pour le journal, cet acte « rassure que tout n’est pas perdu dans ce pays où finalement, beaucoup ne jurent désormais que par leur ventre » et démontre qu’ « on peut être à la HAAC mais ne pas se soumettre à tous les diktats ». « Face aux bourreaux du peuple, ils doivent pouvoir compter sur la mobilisation populaire derrière eux », insiste-il.
Dans leurs colonnes, les confrères ont aussi abordé les réformes politiques avec la commission de réflexion créée à cet effet qui a rencontré les responsables de l’ANC arcboutés sur l’APG.
Par ailleurs, ‘’L’Alternative’’ révèle comment le sous-lieutenant Salaka et ses hommes ont « torturé » mardi dernier son reporter Robert Avotor qui réalisait un reportage sur un litige foncier à Akato-Viépé. Pendant que l’Association des Victimes de la Torture au Togo (ASVITTO) « dénonce une agression ‘’inacceptable’’ », le bihebdomadaire lui-même compte réserver « des suites judiciaires » à l’affaire et exiger des sanctions à l’encontre des gendarmes fautifs.
Le Service de Presse/HAAC