Les journaux parus ce jeudi s’intéressent aux réformes politiques pour lesquelles Jean-Pierre Fabre souhaite rencontrer le chef de l’Etat. Ils reviennent également sur le retour de Me Yaovi Agboyibo à la présidence du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR).

En levée de rideau, nous soulignons que ‘’Le Rendez-Vous’’ évoque la possible fermeture par la HAAC de LCF. Mais « qui de Faure ou de Pitang Tchalla ferme cette chaîne de télévision ? » se questionne la publication.

A en croire le confrère, deux raisons peuvent motiver la volonté de l’actuel président de la HAAC à ‘’réduire au silence’’ ladite télévision. D’abord, parce qu’elle serait la plus suivie de la capitale, en raison de ses programmes qui sont bien meilleurs à ceux de la TV2 et TLS, deux chaînes appartenant à M. Pitang Tchalla, mentionne l’hebdomadaire. Ensuite, parce que le premier responsable de la HAAC que le journal présente comme un « zélé » ou ayant « la rancœur tenace », entend se servir de sa position actuelle pour « régler des comptes ».

Dans le même temps, le tabloïd explique que le président de la HAAC ne saurait « de son propre chef vouloir fermer le groupe Sud Média » dont fait partie la chaîne de télévision LCF. En clair, ‘’Le Rendez-vous’’ soupçonne qu’une « consigne » aurait été donnée pour régler le sort de ce média que l’on dit appartenir à Pascal Bodjona, aujourd’hui en froid avec le chef de l’Etat.

Toujours à propos de la HAAC, ‘’Le Changement’’ informe que l’affaire de distribution d’argent à des journalistes, dit-on, par le truchement de M. Pitang Tchalla, a créé des remous au sein de la corporation des professionnels des médias. Mais pas seulement. L’hebdomadaire croit savoir que le sujet a fait l’objet d’une « levée de boucliers entre les membres » de la Haute Autorité, au point de déboucher sur « une réunion de crise » au cours de laquelle les membres ont voulu en savoir plus sur l’affaire.

« Combien M. Pitang Tchalla a-t-il eu au total pour remettre 400 mille FCFA par journaliste ? » s’interroge le confrère qui souhaite qu’ « à l’avenir le président de l’instance de régulation des médias gère bien les choses sans créer de frustrations et de différends entre confrères ».

 Réformes constitutionnelles et institutionnelles

La nomination des membres de la commission devant plancher sur ces réformes est intervenue en début d’année. Le moins que l’on puisse dire est que la composition de cette structure est récusée par une bonne partie de l’opposition, le chef de file en tête.

Non content de demander au président de la République de rapporter la nomination de ces membres et de prendre langue avec l’opposition en vue d’une désignation consensuelle, Jean-Pierre Fabre, rappelle ‘’L’Echiquier’’, sollicite une audience auprès de Faure Gnassingbé pour évoquer d’autres aspects des réformes.

Mais pour ‘’Echos du pays’’, si la correspondance de M. Fabre au président Faure est à saluer pour ce qu’elle est une « bonne pratique républicaine » qui permet un « rapprochement » entre les deux personnalités, elle n’a, en revanche, « aucune chance de prospérer, car le travail sur les fameuses réformes est déjà confié à un groupe d’intellectuels qui fera d’ailleurs son travail dans une approche plutôt holistique ».

‘’Chronique de la Semaine’’ écrit : « décidément, Jean-Pierre Fabre veut-il vraiment les réformes ? »
« Décidément, l’actuel président de l’ANC ne pourra apprécier aucune action émanent du pouvoir », constatent ‘’Waraa les Vainqueurs’’. « Après avoir exigé à cor et à cris les réformes, il devrait être le premier à féliciter le chef de l’Etat pour le courage et la détermination qu’il a eus en nommant les membres de la commission qui ont pour mission de réfléchir et proposer des réformes politiques à faire au Togo », explique l’hebdomadaire.

La publication assure que la « gesticulation » du chef de file de l’opposition ne doit pas avoir « de l’incidence » sur le travail de la commission de réflexion. Il est vrai que Jean-Pierre Fabre ne veut rien comprendre pour l’instant mais étant « habitué à partager les conclusions » des différentes structures qu’il boycotte, la commission chargée des réformes doit « l’ignorer et travailler avec ceux qui sont disponibles », insiste le tabloïd.

 Come-back de Me Yaovi Agboyibo à la tête du CAR

« Que nous vaut l’honneur de ce retour ? » s’interroge ‘’L’Echiquier’’ qui questionne le positionnement stratégique du parti dans le landerneau politique togolais. « Yaovi Agboyibo a-t-il nécessairement besoin de revenir aux affaires pour mettre sa longue expérience politique au service de la jeune génération qui doit prendre le flambeau de la lutte pour l’alternance ? » se demande le confrère.

Autre interrogation dans ‘’Waraa les Vainqueurs’’ : « que peut encore apporter le septuagénaire Agboyibo à son parti, de surcroit au peuple togolais qu’il n’a pas pu faire auparavant ? » Le journal estime que ce choix de l’ancien président de la CNDH de revenir aux affaires « portera un coup fatal au CAR qui ne s’est pas remis du départ de ses membres influents ».

D’aucuns prêtent l’intention à l’ancien Premier ministre d’être revenu pour contribuer à diviser davantage l’opposition. C’est également ce que pensent ‘’Echos du Pays’’ qui indiquent que le retour du ‘’bélier noir’’ sur la scène politique « à des fins personnelles » augure « des lendemains plus sombres pour l’opposition » togolaise. L’hebdomadaire le présente comme « un adepte de concepts aux contours flous, qui a souvent adopté des positions ambiguës sur des sujet politiques de grande ampleur ».

En reprenant les rênes du CAR, ‘’le bélier noir’’ de Kouvé « se met à dos les principes démocratiques et de l’alternance » à la tête de son parti, souligne ‘’Chronique de la Semaine’’.

Me Agboyibo revient pour « imprimer ‘’sa méthode’’ » mentionne ‘’Le Bâtisseur’’.
En tout cas, « le nouveau CAR d’Agboyibo veut voir le peuple se lever comme les braises de la forge pour faire entendre ses valeurs », écrit ‘’Forum de la Semaine’’. Le même message est relayé par ‘’Le Changement’’.

Dans un tout autre registre, ‘’Liberté’’ rapporte que le chef de l’Etat togolais a été interviewé par un journaliste français, en marge du sommet France-Afrique au Mali. A la question de savoir ce qu’il a à dire sur le fait que François Hollande va bientôt quitter l’Elysée alors que la famille Gnassingbé est au pouvoir depuis 50 ans, le président de la République lui aurait rétorqué : « je ne vois pas de rapport », une réponse qui, à en croire le quotidien privé, fait le buzz sur la toile et les réseaux sociaux.

Par ailleurs, ‘’Togo-Presse’’, ‘’Forum de la Semaine’’ et ‘’Togomatin’’ informent qu’ « un groupe de travail sur le secteur de l’éducation » a été installé hier par le Premier minsitre, Komi Sélom Klassou. « Ce cadre inclusif et élargi à tous les partenaires dudit secteur, a pour tâche de trouver des ‘’solutions viables et durables’’ aux crises récurrentes que connait le monde de l’éducation », précise le quotidien national.

Là-dessus, ‘’Le Changement’’ estime que « trop de commissions tuent les belles initiatives de Faure » Gnassingbé. Et d’ajouter qu’alors que le chef du gouvernement appelle au dialogue, les enseignants grévistes n’y croient plus.
Tout à fait autre chose, ‘’La Nouvelle Tribune’’ révèle que le président de la Cour constitutionnelle doit 27 mille FCFA, correspondant aux frais d’abonnement au titre de sa boîte postale privée, à la Société des Postes du Togo. Une somme qu’Aboudou Assouma n’a toujours pas payée, malgré plusieurs relances.

Dans le reste de l’actualité, les publications du jour abordent la présentation de vœux du corps diplomatique accrédité au Togo à Faure Gnassingbé. Elles s’interrogent sur la solution pour mettre fin à la crise politique en Gambie où le mandat du président sortant Yahya Jammeh vient d’expirer. Elles ne manquent pas de réserver quelques colonnes à la CAN de football et aux Eperviers qui disputent leur deuxième match de la compétition demain contre les Lions de l’Atlas du Maroc.

Le Service de Presse/HAAC

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