Le message du chef de l’Etat à la nation continue d’intéresser les publications. Les confrères évoquent également la commission mise sur pied pour plancher sur les réformes.
Adresse du chef de l’Etat à la nation
A la lecture de ce discours, ‘’Waraa les Vainqueurs’’ notent que Faure Gnassingbé « reste accroché à son mandat social entamé les années antérieures ». Un passage de cette adresse illustre fort bien cette analyse : « l’écho de vos préoccupations exprimées me confirme que la gouvernance doit être encore plus sociale pour être mieux perçue et appréciée par chacun de vous ».
La même analyse est à lire dans les colonnes de ‘’Chronique de la Semaine’’ qui rappelle que le président de la République est « pour une gouvernance sociale mieux perçue et appréciée ». Idem pour ‘’Fraternité’’ qui parle d’une allocution annonçant « une année 2017 très volontariste essentiellement aux couleurs sociales ».
Mais apparemment, tout le monde n’a pas la même compréhension du concept mandat social. « A moins que nous ne comprenions pas la langue de Molière, il semble que sous d’autres cieux, un mandat social sous-entend normalement que les préoccupations quotidiennes de la population sont prises en compte », relève ‘’Carrefour’’ qui exige que l’appellation mandat social revête « sa vraie connotation ».
Il faut ajouter que dans son adresse à la nation, le président est aussi revenu sur des mesures relatives, entre autres, à la décentralisation, la santé, l’éducation et aux infrastructures. ‘’Carrefour’’ n’y croit pas et explique qu’ « avec l’expérience de 2016, le Togolais est désormais en droit de déduire que la parole de Faure Gnassingbé ne vaut plus rien ». Pour le tabloïd, après sa sortie du 6 janvier dernier, « les Togolais ont l’impression que Faure Gnassingbé se paie leur tête », car « chaque année c’est la même rengaine depuis plus d’une décennie ».
Aussi, le confrère assure-t-il que le message de vœux du président « n’a séduit aucun de ses compatriotes et est de nul effet sur leur appréhension de la chose politique ». Autre commentaire du journal : « Il vaut mieux se taire lorsqu’on n’a pas grand-chose à dire et préserver ainsi le peu d’intérêt que l’on suscite ».
L’hebdomadaire poursuit, en soulignant que « les problèmes sociaux au lieu qu’on leur trouve solution, et ce n’est pas faute de moyen, Faure Gnassingbé et sa minorité, qui se sont accaparés les richesses du pays, font semblant de les déplacer ».
Et de conclure : « le régime de Faure devient une calamité pour les Togolais. Ils n’en veulent plus ! A moins que le gouvernement nous surprenne cette année 2017 ».
Qu’à cela ne tienne, le mandat social du chef de l’Etat « est en bonne voie », en témoigne les bonnes performances sur le plan agricole et des infrastructures, insistent ‘’Waraa les Vainqueurs’’.
Sur le plan économique, ‘’Economie & Développement’’ décrypte le budget de l’Etat togolais, exercice 2017. Il ressort du décryptage que 46% de cette enveloppe budgétaire sont consacrés au social, 35% au remboursement des dettes, 15% au paiement des salaires et 4% à la création de richesses et emplois.
‘’Carrefour’’ lui croit savoir que le Togo croule sous le poids de la dette. Le journal tire la sonnette d’alarme sur ce que « tous les indicateurs économiques du pays sont au rouge ».
Commission de réflexion sur les réformes
Ses membres ont été nommés la semaine dernière mais ‘’Carrefour’’ se désole de constater qu’ils ne sont pas des universitaires comme l’avait promis le président de la République. « Faure Gnassingbé enfin décidé à passer des discours à l’acte en 2017 ? » s’interrogent ‘’Waraa les Vainqueurs’’.
De son côté, ‘’Chronique de la Semaine’’ constate qu’ « au lieu d’applaudir la mise en place de cette commission, l’ANC crie encore au scandale ». Le journal en vient à se demander si « Jean-Pierre Fabre et ses affidés veulent vraiment des réformes ».
En tout cas, ‘’Waraa les Vainqueurs’’ estiment que la désignation des membres de la structure chargée de faire des propositions de réformes est « un pas déterminant » vers leur mise en œuvre. C’est pourquoi l’hebdomadaire invite « toute la classe de l’opposition togolaise à mettre de l’eau dans son vin pour accompagner cette commission dans sa lourde mission ».
Les réformes restent dans la ligne de mire de la nouvelle coalition de partis politiques portée sur les fonts baptismaux en début de semaine. Cette union « veut-elle faire ombrage ou éclipser le CAP 2015 ? Est-elle une alternative crédible aux tergiversations du groupe mené par le chef de file de l’opposition ? » se questionnent ‘’Waraa les Vainqueurs’’.
« Au lieu de joindre leurs voix au CAP 2015 pour se faire une santé politique solide, un regroupement de 6 partis sans nom a été créé pour arnaquer le peuple », alerte ‘’Le Changement’’. « Les observateurs restent curieux sur la motivation que vont apporter les membres de ce nouveau groupe », mentionne ‘’Fraternité’’.
Outre les membres de la commission de réflexion sur les réformes, ceux de la Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption ont été aussi nommés. Réussira-t-elle cette tâche ? ‘’Liberté’’ reste « dubitative quant à la capacité de cette structure à faire son travail en toute indépendance et à pouvoir contrôler » ceux qui l’ont créé, car « c’est là-bas même où la corruption et le pillage ont élu domicile ».
Sur un tout autre sujet, ‘’Liberté’’ rappelle que cela fait 50 ans, « l’équivalent de deux générations que les Gnassingbé sont au pouvoir, un record ». « De père en fils, ils ont transformé le pays en une monarchie. Pourtant, ce n’est pas faute pour les Togolais d’avoir tenté et multiplié les initiatives pour bouter out cette famille ». D’aucuns ont même invité les Togolais à allumer des cierges pour que le pays soit, expliquent-il, libéré des chaînes de la domination. « Les bougies suffiront-elles à faire partir les Gnass ? » se demande le quotidien privé.
Par ailleurs, la presse du jour annonce pour samedi prochain le congrès du CAR. Il sera placé « sous le signe du retour à la méthode pour l’alternance », renseigne ‘’Le Changement’’. « Et si Me Agboyibo acceptait de revenir à la tête du parti ? » écrit l’hebdomadaire.
En outre, les journaux parus ce jeudi reviennent sur l’affaire des incendies des marchés de Lomé et de Kara. Où en est-on avec ce dossier ? « L’affaire n’a toujours pas levé le doute sur les nombreuses zones d’ombre quatre après », relève ‘’Golfe Info’’.
‘’Liberté’’ elle remarque que « les pyromanes et leurs commanditaires pourtant bien connus ne sont toujours pas officiellement identifiés. En lieu et place, ce sont des innocents qui croupissent en prison sans jugement, pendant que les victimes sont abandonnées à elles-mêmes par le pouvoir de Faure Gnassingbé».
Quant à ‘’Carrefour’’, il rapporte que là-dessus, l’ANC continue de « dénoncer la politique d’enfumage et de dilatoire du gouvernement togolais ».
Au surplus, les confrères informent que l’Etat a débloqué 2 milliards de FCFA pour entamer le processus de réparation des victimes des violences politiques au Togo.
Dans le reste de l’actualité, les tabloïds se sont intéressés aux préparatifs et à la mobilisation pour une bonne participation des Eperviers à la prochaine CAN de football.
Le Service de Presse/HAAC