Dans quelques jours, l’année 2016 fera place nette à 2017. A l’heure où la saison des vœux s’ouvre, certains journaux n’omettent pas de sacrifier à la tradition.
Non contente de relever que 2016 finissante n’a pas été « rose » pour les Togolais, ‘’L’Humanité’’’ exhorte les dirigeants à « revoir leur copie dans la gestion des affaires de la cité », car la « misère se fait sentir dans les foyers ». Le vœu de l’hebdomadaire c’est de voir 2017 s’affirmer comme l’année d’un « renouveau en matière de conscience collective » et surtout que les populations sentent réellement « les effets du mandat social » du chef de l’Etat.
En tout cas, l’année prochaine ne devrait pas être de tout repos pour le président de la République, indique le confrère. A l’en croire, Faure Gnassingbé y est attendu sur plusieurs plans. Le journal cite, entre autres, les réformes pour favoriser le bon déroulement des activités économiques, l’arrêt du « désordre couplé de corruption » entretenus dans la réalisation des infrastructures routières, la mise à l’écart de ceux des collaborateurs qui brillent beaucoup plus par leur « manque d’initiatives » pour développer les différents secteurs du pays.
Pour sa part, ‘’La Dépêche’’ formule ses vœux de « santé, courage, abnégation, vérité, clairvoyance et succès », d’abord à l’endroit des autorités du pays. A l’ensemble de la classe politique, le tabloïd demande d’avoir un « sursaut d’orgueil pour engager véritablement le Togo sur la voie du développement ». Enfin, à l’intention de l’ensemble de la population togolaise, le journal souhaite « prompt rétablissement à ses fils et filles qui souffrent dans leurs chairs ».
‘’La Lanterne’’ insiste sur la morosité qui a caractérisé la fête de Noël surtout à Lomé. L’hebdomadaire croit savoir que c’est dans le « dénuement total » que les Togolais ont célébré la naissance de l’enfant Jésus. Tout le contraire de la « minorité qui accapare les ressources du pays ». Aux domiciles des membres de cette minorité, il y avait champagne et caviar, assure-t-il.
De cette minorité, la présidente du HCRRUN en a parlé le 30 novembre dernier au cours d’une rencontre avec la presse, rappelle ‘’La Lanterne’’. Awa Nana Daboya a « dénoncé l’impunité économique » dont jouirait ce groupe restreint de Togolais qui vit dans l’opulence et l’a enjoint de « rétrocéder une large part pour qu’on puisse faire face aux priorités économiques », rapporte le journal.
L’impunité doublée de corruption « à ciel ouvert », ‘’La Dépêche’’ s’y intéresse. La publication utilise ces mots lorsqu’elle évoque la route Lomé-Vogan-Anfoin. Elle dénonce le fait que non seulement, les travaux n’ont pu être achevés en décembre comme l’avait promis le ministre des Infrastructures et des Transports, mais le contribuable togolais doit pouvoir supporter une rallonge de 30 milliards de F CFA, hormis ceux débloqués précédemment. « Dans quel pays sommes-nous ? » s’offusque le confrère.
Il y a quelque temps, des informations parues dans la presse renseignaient que les travaux, autrefois exécutés sous la direction de CECO Group, ont été confiés à une entreprise chinoise. Ces travaux ont même repris, tant et si bien que le Premier ministre, Komi Sélom Klassou s’est déplacé sur le chantier afin de constater de visu le niveau d’exécution.
Seulement, ‘’Le Correcteur’’ informe dans sa livraison du jour que le ministre des Finances « dément tout contrat » avec l’entreprise chinoise en question. Pour Sani Yaya, les discussions en vue de parvenir à un contrat sont en cours mais rien n’a encore été finalisé. Il ne fallait pas davantage pour que le bihebdomadaire se répande en questions : « Comment peut-on donner des instructions pour l’exécution d’un travail alors qu’aucun contrat ne lie l’Etat à l’entreprise chargée de son exécution ? Qui et pourquoi a-t-on confié les travaux à une entreprise alors que les discussions avec cette dernière ne sont pas conclues ? Qu’adviendrait-il si ces discussions échouaient ? ».
Le journal de conclure : « Le contre-pied que Sani Yaya a fait à son premier ministre est révélateur de la gestion opaque qui se fait des finances nationales ». Aussi, pense-t-il que le ministre Ninsao Gnofam devrait répondre de l’utilisation des fonds alloués pour la réfection de la route Lomé-Vogan-Anfoin.
Dans un registre différent, ‘’Le Correcteur’’ souligne que l’adoption du budget de l’Etat au titre de l’année 2017 se fait « sur fond d’insécurité dans la gestion des sociétés d’Etat ». Toute chose qui a amené le groupe parlementaire ANC à se prononcer contre. Ce budget ne convainc pas non plus la CDPA ? ‘’Le Dialogue’’ a donné la parole à Me Brigitte Adjamagbo qui explique qu’il s’agit en réalité d’un « budget scélérat qui prétend mettre l’accent sur la croissance stratégique alors qu’une part importante est consacrée au remboursement de la dette ».
Pendant ce temps, Me Tchassona Traoré se prononce sur les sujets de l’heure. Selon ‘’Le Dialogue’’, le président du Mouvement Citoyen pour le Développement a évoqué les réformes, la décentralisation et la grève des enseignants. Sur le dernier point, il suggère au gouvernement d’ouvrir des discussions franches avec les grévistes afin de trouver solutions à leurs revendications.
Gilbert Bawara a son opinion sur ces mouvements de débrayage. Dans une interview accordée à Radio Victoire et reprise dans ‘’La Dépêche’’, le ministre de la Fonction publique, tout en déplorant « l’instrumentalisation des élèves » par les grévistes, reste favorable à la concertation, même s’il dit ne pas être en phase avec « l’émiettement du dialogue ».
Dans tous les cas, les acteurs doivent faire en sorte que le deuxième trimestre de cette année scolaire ne soit pas à l’image du premier, jonché de mots d’ordre de grève.
Par ailleurs, ‘’Le Correcteur’’ fait une rétrospective des principaux faits qui ont marqué l’année 2016. Il cite, entre autre, la visite de Manuel Valls au Togo, le wacemgate, l’atelier du HCRRUN sur les réformes, le départ du ministre Adji Othèt Ayassor du gouvernement et la qualification des Eperviers pour la CAN 2017 de football.

Le Service de Presse/HAAC

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