A la une des journaux parus ce lundi : la création d’un comité de mobilisation des fonds pour la CAN 2017 de football, la grève des enseignants et la crise gambienne.
Création d’un comité de mobilisation des fonds en soutien aux Eperviers
L’information a été rendue publique la semaine dernière au travers du compte rendu du Conseil des ministres. Plusieurs comités ad hoc ont été constitués pour superviser la levée de fonds en vue de soutenir l’équipe nationale de football qui prend part à la CAN en janvier prochain au Gabon.
Avec l’annonce de la mise sur pied de ces comités, « finies les polémiques autour des comptes de la CAN 2013 ? » se questionne ‘’Togomatin’’.
Rien n’est moins sûr. En tout cas, il ne faut pas compter sur ‘’Temps Nouveaux’’ pour faire taire cette « polémique ». Pour l’hebdomadaire, en créant un nouveau comité de mobilisation des fonds pour la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, alors même qu’aucun compte n’a été fait aux Togolais sur la gestion de l’argent récolté et affecté à la participation des Eperviers à la même compétition en 2013, l’on permet tout simplement à « l’impunité de prendre des galons ».
Le manque de sanctions à l’égard de tous ceux qui se sont rendus coupables de détournement de fonds mobilisés pour cette CAN organisée en Afrique du Sud, « fait douter de la volonté des autorités togolaises à lutter contre la corruption », et de ce fait, encourage la mauvaise utilisation des deniers publics, insiste le confrère.
‘’Le Correcteur’’ abonde dans le même sens. Il pense que ces comités ont été créés pour « légaliser le gaspillage des ressources de l’Etat ».
Pour sa part, ‘’Courrier de la République’’ semble saluer cette décision du gouvernement de mettre en place de nouvelles structures pour gérer la prochaine participation des Eperviers à la fête africaine du football. Non content de faire observer que « tout a marché lors de la CAN 2013, hormis quelques failles de dernières heures », la publication assure que le président de la République, à travers cette décision prise en Conseil des ministres, « siffle ainsi la fin de plusieurs années de stériles masturbations de ceux-là qui ont voulu forcer la main des premiers responsables en demandant les comptes ».
Point n’est besoin de continuer à « regarder dans le rétroviseur », souligne le tabloïd qui estime, en même temps, que le dossier dans lequel le gouvernement aurait dû être plus regardant, est celui de la gestion de la CAN 2010 en Angola marquée par l’attaque du convoi de la délégation togolaise.
‘’Forum de la Semaine’’ propose une analyse tout en s’interrogeant : la création de ces comités est-elle un remède contre tous les problèmes de gestion des fonds ? Si tel n’est pas le cas, « quelles solutions pour répondre aux exigences d’une administration moderne du football ? »
Grève des enseignants
Après les trois jours de débrayage qui ont pris fin la semaine dernière, que décideront les syndicats d’enseignants qui ont appelé à la grève ? L’on attend de voir. Mais ‘’Courrier de la République’’ opère un retour sur la sortie médiatique des ministres Bawara et Tchakpélé sur le plateau de la Télévision nationale mercredi dernier. Le confrère le dit sans ambages : c’était carrément un « dérapage incontrôlé » fait de « mépris, arrogance suffisance voire de provocation ».
Le journal regrette qu’au lieu de tenir des propos « courtois », les deux ministres, aient plutôt attisé le feu pour produire un « géant brasier ». Surtout en préconisant « la solution de la honte », celle qui consiste à recruter 1000 enseignants plutôt que de chercher à résoudre durablement la crise née des revendications pour une amélioration des conditions de vie et de travail.
Ce qui offusque davantage ‘’Courrier de la République’’, c’est lorsque le ministre des Enseignements Primaire et Secondaire soutient que ce sont les enseignants grévistes qui demandent aux élèves d’investissent les rues. « Le concours des élèves jamais sollicité », martèle l’hebdomadaire. Et de solliciter l’intervention du chef de l’Etat pour mettre fin à ce qu’il considère comme une « plaisanterie de mauvais goût ». « Le mandat social du président Faure lui interdit le silence face à ce drame qui couve », interpelle le journal.
Sur le sujet, ‘’Le Combat du Peuple’’ s’attarde sur le ministre Bawara qui, selon lui, « ne comprend pas grand-chose aux réalités de notre pays ». Il doit « faire preuve de pédagogie au lieu de jouer au justicier », souligne l’hebdomadaire qui poursuit : « s’il croit qu’il peut mener les syndicats au pas des casernes et imposer sa vision, il se trompe ». Ainsi que l’explique la publication, « le gouvernement a raison d’avoir une position de fermeté à l’égard des grévistes mais c’est l’approche de Bawara qui est viciée ».
Le tabloïd explique, en outre, que les syndicats qui lancent les mots d’ordre de débrayage « ne sont pas sérieux, car ils ne pensent qu’à leur intérêt et ne disent pas la vérité sur la réalité de leur situation ».
‘’Liberté’’ offre à lire une autre analyse. Le quotidien privé s’étonne que le Conseil des ministres n’ait pas abordé cette grève des enseignants. Conclusion du confrère, Faure Gnassingbé et son gouvernement ont choisi « la fuite en avant ». A preuve, ils ont décidé de « snober » le sujet ainsi que « le sort des élèves » et surtout de procéder au recrutement d’autres enseignants pour remplacer les grévistes. Et visiblement, l’on en a pas encore fini avec ces débrayages, puisque ‘’Liberté’’ informe que les enseignants repartent une nouvelle fois en grève de quatre jours à partir de demain mardi.
Au surplus, des gendarmes ont été déployés sur le terrain pour « empêcher » la tenue des assemblées générales à Lomé et à l’intérieur du pays, renseigne encore le quotidien. Même information dans ‘’Le Correcteur’’ qui déplore également que la TVT, au lieu d’accorder le droit de réponse aux syndicats d’enseignants comme ils le réclamaient, décide de donner la parole à un syndicat nouvellement créé pour « faire diversion ».
Crise gambienne
Alors que la CEDEAO, réunie en sommet ordinaire samedi dernier, a donné à savoir que plusieurs chefs d’Etat assisteront à la prestation de serment du président élu Adama Barrow le 19 janvier prochain, elle envoie dans le même temps une mission de médiation composée des présidents nigérian et ghanéen pour essayer de trouver une solution à l’impasse politique qui est en train de s’installer après la volte-face de Hahya Jammet.
L’organisation communautaire, demande au président sortant de reconnaître les résultats de la dernière élection présidentielle et de « s’abstenir de de toute action susceptible de compromettre la transition et le transfert pacifique du pouvoir » au nouvel élu. Pour l’instant, Yahya Jammet n’a pas encore réagi à ses recommandations de la CEDEAO, indique ‘’Togomatin’’ qui consacre tout un dossier à cette crise gambienne.
Au vue de ce qui précède, il apparaît que « la CEDEAO apporte son soutien au président élu Adama Barrow », note ‘’Forum de la Semaine’’.
Pour ‘’Courrier de la République’’, Jammet doit « vider le palais » et s’il rechigne, il faut user de « méthodes de l’extrême pour le chasser, lui ce président voyou et récalcitrant ».
Dans un tout autre registre, ‘’Le Combat du Peuple’’, s’intéresse au ministre Ninsao Gnofame qui serait « rattrapé par son mensonge », lui qui a dit devant les députés que les travaux de la route Lomé-Vogan-Anfoin seront achevés en décembre 2016. Non seulement, ce n’est pas le cas, écrit l’hebdomadaire, mais la situation de ce tronçon « s’est plutôt dégradée » pour virer au « chaos ». Il ne fait l’ombre d’aucun doute que le ministre des Infrastructures et des Transports est devenu « le super menteur du gouvernement et un symbole vivant d’abus, de déviance et de défiance », mentionne-t-il.
‘’La Nouvelle’’ elle revient sur le parcours du Général Assani Tidjani décédé il y a quelques années. Le mensuel croit savoir qu’il est mort empoisonné. Mais avant de passer l’arme à gauche, il aurait confié au journal qu’il avait « servi le père et imposé le fils en 2005». Elle révèle aussi que cela fait 27 mois que l’Etat n’a pas payé les frais de location du bâtiment qui abrite le commissariat central de Lomé, au grand dam des ayants droit. La publication présente également Me Yaovi Agboyibo comme un « homme cynique et traître ».
Soutien d’Abdoulaye Bathily pour la présidence de la Commission de l’UA : Faure Gnassingbé rame-t-il à contre-courant ?
C’est en tout cas ce que l’on peut penser en lisant ‘’Le Correcteur’’. A en croire le bihebdomadaire, le Sénégalais serait le candidat de la CEDEAO et à cet titre, tous les pays de cette organisation devraient lui apporter leur soutien mais contre toute attente, Faure Gnassingbé aurait promis l’appui du Togo à l’actuelle ministre kényane des Affaires Etrangères, Amina Mohamed.
Pour le journal, c’est un acte de « trahison » du chef de l’Etat togolais vis-à-vis de ses paires de la CEDEAO et un « refus du démocrate sénégalais » M. Bathily. Toutefois, il tente de minimiser cette promesse en expliquant que le président Faure n’est pas une voix qui compte sur le contient et particulièrement en Afrique de l’Ouest. « Il serait illusoire de penser que Faure Gnassingbé dispose d’une aura lui permettant d’intercéder ou de faire un lobbying en faveur de la Kenyane », écrit la publication.
De son côté, ‘’Liberté’’ rapporte que la promesse du chef de l’Etat togolais a le don de fâcher la presse sénégalaise qui a aussitôt déclenché une « fatwa » contre lui. Le confrère reprend un article du site web ‘’Rewmi.com’’ qui se demande si la promesse du président togolais à la ministre kenyane des Affaires Etrangères est une « trahison ou une maladresse diplomatique ».
Dans tous les cas, l’article invite le président Macky Sall et les diplomates sénégalais à ne pas s’inquiéter outre mesure de ce choix du Togo, car c’est un pays qui « se cherche » sur le plan démocratique, pendant que son président « n’est pas élu pour être une personnalité continentale capable d’être parmi celles qui orientent le destin de l’Afrique ».
Dans le reste de l’actualité, ‘’Liberté’’ et ‘’Le Correcteur’’ informent que les représentants de l’ANC à la CENI exclus il y a plus d’un an demandent leur réintégration et la reprise des activités. Les deux journaux publient la correspondance que ces représentants ont adressée vendredi dernier au président de la CENI.
Suites du sommet sur la sécurité maritime
‘’Togomatin’’ rappelle que le gouvernement a adopté la semaine dernière en Conseil des ministres le projet de loi portant autorisation de ratification de la charte africaine sur la sécurité maritime. La même information est relayée par ‘’Forum de la Semaine’’.
‘’Liberté’’ s’intéresse aux véhicules acquis dans le cadre de ce sommet organisé en octobre à Lomé. A en croire le quotidien privé, ils seraient « ‘’portés disparus’’ » et certains « auraient été bradés à des membres ou proches de la minorité opulente ».
‘’Le Correcteur’’ lui s’attarde sur la gestion de certaines sociétés, à l’instar de Togo Télécom, Togo cellulaire et le Port Autonome de Lomé. Selon le bihebdomadaire, toutes ces sociétés souffrent d’une « mauvaise gestion ».
Le journal croit savoir que la situation financière de Togo télécom est difficile et ne lui permet pas de payer des dividendes à l’Etat en tant qu’actionnaire principal. Par contre, Togo cellulaire va lui verser 7 milliards de dividende même si l’Etat en attendait 12.
Pour ce qui est du Port, le confrère rapporte que son Directeur, le Contre-Amiral Fogan Adégnon, a eu du mal à convaincre les députés à l’Assemblée sur les chiffres dont lui-même n’avait pas la maîtrise.
Quant à ‘’Courrier de la République’’, il assure que le DG de la CEET ne s’embarrasse d’ « aucun scrupule » pour s’enrichir au détriment des employés et surtout de cette société.