La crise politique au Togo continue de meubler les colonnes des journaux.

‘’L’Indépendant Express’’ rappelle qu’à l’appel de la coalition des 14 partis de l’opposition, des manifestants étaient encore dans la rue samedi dernier pour une « grande mobilisation ». Et à en croire l’hebdomadaire, les Togolais font du départ de Faure Gnassingbé leur « point d’honneur ». Tout s’est globalement bien passé ce samedi sauf des incidents signalés par endroit, ceci après la marche, précisément lorsque les manifestants regagnaient leurs domiciles. Il a été rapporté que des points de déviations ont été instaurés pour répondre à des besoins sécuritaires. D’aucuns ont évoqué des bastonnades à Adéwi et à Atikoumé et des tracasseries à l’encontre de certains responsables de la coalition. Très vite, l’information a profusément circulé dans les réseaux sociaux.

Seulement, les choses ne se sont pas forcément passées telles que décrites sur les différentes plateformes, relève ‘’Forum de la Semaine’’. Dénonçant la « mauvaise foi des leaders de l’opposition », le quotidien privé explique d’abord que les points de déviation s’imposaient à tout le monde et non aux seuls manifestants. Et puis, poursuit le tabloïd, ce sont les provocations, invectives et menaces des marcheurs et certains de leurs leaders à l’endroit des agents postés à ces points de déviation qui ont provoqué le jet des bombes lacrymogènes à l’effet de disperser la foule « surexcitée ».

Son de cloche opposé dans ‘’L’Alternative’’ qui évoque carrément un « délit de faciès » bien préparé. A en croire le bihebdomadaire, il s’est agi d’un tri afin de « traquer les militants d’un parti dont la couleur saillante crève les yeux au pouvoir et lui fait perdre toute lucidité ». Le confrère d’ajouter que ce « regain de l’acharnement à l’encontre des militants de l’opposition relève une fois de plus la frilosité du régime en place ». « Pourquoi les forces de défense s’étaient-elles transformées en des milices, refaisant le portrait aux manifestants au niveau du bar 3K ? Que cherchaient-elles exactement à ce point ? » s’interroge ‘’Liberté’’. Le journal assure que « ces hommes qui étaient censés être dans les casernes n’avaient agi que dans le but de terroriser et semer le chaos ».

Selon certains analystes, les incidents de samedi dernier peuvent avoir des répercussions sur les préparatifs du dialogue. En tout cas, ‘’Liberté’’ rappelle que le chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, « menace » déjà de ne pas prendre part à ces pourparlers « si les choses continuent comme ça ». Parlant justement de dialogue et surtout de médiation, il faut à tout prix éviter Alpha Condé, car non seulement c’est un « manipulateur », mais c’est aussi un « trouble-fête dans le bourbier togolais » qui manœuvre pour « torpiller la médiation de Nana Akufo-Addo », prévient ‘’L’Alternative’’.

Pour sa part, ‘’L’Indépendant Express’’ évoque la transition politique qui pourrait découler du dialogue. Les noms de Pascal Bodjona et de François Boko sont avancés pour jouer un rôle clé. La publication estime que les deux personnalités ne sont pas « indispensables » mais par leur maîtrise des rouages du pouvoir et leur entrée faciles dans les états-majors des partis de l’opposition, ils ont de quoi « rassurer » les uns et les autres pour un exercice réussi.

Quant à Gilchrist Olympio, faut-il considérer sa sortie de la semaine dernière comme de l’ « audace » ou de l’ « épiphénomène » ? se demande ‘’Le Médium’’. Il faut rappeler qu’il a, entre autres, annoncé sa volonté de quitter la scène politique togolaise et demandé à Faure Gnassingbé de ne pas se représenter à l’élection présidentielle de 2020.

’Liberté’’ s’attarde sur l’actuel président de la République et souligne ses « stratégies et manœuvres infructueuses pour casser la contestation » populaire. Le quotidien privé mentionne « la diabolisation de Tikpi Atchadam, les manœuvres pour empêcher le rapprochement entre ce dernier et le chef de file de l’opposition, la défiance de l’opposition dans la rue, la démobilisation par la répression et la terreur, la présentation du PNP comme armé pour le neutraliser, le dressage de l’armée contre le peuple et les tentatives d’opposer l’opposition et ses soutiens ».

Au surplus, la crise togolaise a été largement abordée hier à Lomé au cours de la 18è session du dialogue politique entre l’Union Européenne et le Togo, rapporte ‘’Forum de la Semaine’’ et ‘’Liberté’’.

Le Service de Presse/HAAC

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