La crise politique au Togo est le sujet phare traité dans les colonnes des journaux parus ce vendredi.
Les « voies » du dialogue annoncé par le gouvernement sont « balisées », écrit ‘’L’Eveil de la Nation’’. Elles le sont suite aux différentes rencontres que les protagonistes ont eues çà et là à Lomé, en Abidjan, Abuja, Accra, Londres et Paris. Justement, à propos de la rencontre entre une délégation de la coalition et le président guinéen, Alpha Condé, dans la capitale française, ‘’Vérité des Peuples’’ et ‘’La Lanterne’’ rapportent que « les deux parties ont convenu de la nécessité de créer un climat d’apaisement » avant l’ouverture très prochainement des pourparlers.
Mais pas seulement. A en croire ‘’Liberté’’, la coalition de l’opposition est « restée ferme » face au président en exercice de l’Union Africaine sur les « préalables » avant tout dialogue. Ces préalables, détaille le quotidien privé, se résument à « la libération immédiate et sans conditions des prisonniers, la levée de siège sur les villes de Mango, Bafilo et Sokodé et de la poursuite judiciaire contre certains leaders de l’opposition, l’arrêt du harcèlement contre Tikpi Atchadam ». En ce qui concerne la libération des prisonniers, ‘’L’Eveil de la Nation’’ pense que le gouvernement devrait accéder à cette demande « au nom de l’apaisement et de la décrispation pour permettre au dialogue tant annoncé non seulement de prendre corps mais d’aller jusqu’au bout avec des conclusions qui rassurent les uns et les autres ».
De son côté, ‘’L’Alternative’’ donne à savoir que le président français, Emmanuel Macron, demande à Alpha Condé de « laisser Nana Akufo-Addo poursuivre ses efforts de médiation ». Quoi qu’il en soit, ‘’Liberté’’ estime que l’opposition et le pouvoir doivent aller « au-delà d’un accord de principe » sur la tenue de ce dialogue en posant des « actes concrets ». La publication regarde beaucoup plus en direction de Faure Gnassingbé qui devrait profiter de cette accalmie en termes de manifestations pour « multiplier les gestes de bonne volonté, question de donner corps au dialogue ».
Alors qu’il ne s’était pas encore prononcé sur la situation politique dans son pays, Faure Gnassingbé a abordé le sujet cette semaine en Côte d’Ivoire. Non content de rappeler que « pour dialoguer, il faut être deux », le président de la République a laissé entendre que les discussions pourront s’ouvrir dans deux semaines. En « réaffirmant ainsi son engagement pour la tenue du dialogue », analyse ‘’La Lanterne’’, le numéro 1 togolais « prend de court » l’opposition qui s’attendait à ce que le chef de l’Etat envoie ses collaborateurs discuter des préalables. Ce faisant, ajoute l’hebdomadaire, il « reprend le contrôle de la situation en envoyant de façon magistrale la balle dans le camp de l’opposition désormais acculée ».
A propos de l’opposition, elle se trouve face à un « choix cornélien », renseigne ‘’Le Canard Indépendant’’. Celui de la nécessité d’une transition politique ou du départ de Faure Gnassingbé. L’opposition qui sera dans les rues samedi prochain, informe le journal.
Il faut rappeler que ce n’est pas la première fois que les Togolais se retrouvent autour d’une table de discussions. Plusieurs rounds de dialogue ont eu lieu sans suite, selon plusieurs analystes. C’est pourquoi ‘’Canal D’’ évoque les « conditions » minimales qui doivent être remplies pour que ce nième dialogue aboutisse. Le confrère parle d’exigences « réalistes et surtout réalisables » dictées par l’intérêt général. Il faut aussi, insiste le tabloïd, éviter de faire une fixation sur une « seule personne ou famille » et surtout fixer un chronogramme précis pour la mise en œuvre des recommandations qui sortiront de ces pourparlers. En tout cas, il faut garder espoir en ces discussions, suggère ‘’Vérités des Peuples’’.
Et puis, ‘’L’Alternative’’ publie en intégralité le rapport d’enquête de la gendarmerie nationale sur le match Gbikinti de Bassar-Maranatha de Fiokpo qui avait en son temps cristalliser les commentaires suite à son score inhabituel de 11 buts à 0. Cette enquête « confirme un match truqué », précise ‘’Liberté’’.
Le Service de Presse/HAAC