Revue de presse N° 966 du 13 octobre 2017
La politique continue d’occuper le haut du pavé de l’actualité dans les journaux.
Dans sa livraison du jour, ‘’Hara Kiri’’ donne à savoir que les membres de la nouvelle Commission Electorale Nationale Indépendante sont « enfin » connus. Ils sont douze (12) à avoir été élus hier par l’Assemblée nationale, précisent ‘’L’Eveil de la Nation’’ et ‘’Forum de la Semaine’’, à raison de cinq (5) pour la majorité parlementaire, trois (3) pour l’opposition extraparlementaire, trois (3) pour la société civile et un (1) pour l’administration. ‘’L’Humanité’’ elle, précise qu’il s’agit pour le moment d’une CENI incomplète, l’opposition parlementaire qui peut toutefois rejoindre la barque à tout moment ayant décidé de ne pas envoyer siéger ses représentants en raison de la crise politique que traverse le pays.
Alors, avec la mise en place de la CENI, « va-t-on progressivement vers le référendum ? » se demande ‘’Libération’’. Pour ‘’Liberté’’, c’est oui, car avec cette « désignation unilatérale des membres, le pouvoir opte pour un passage en force » vers la consultation du peuple. Avec ça « rien n’augure des lendemains sereins dans notre pays », analyse le quotidien privé.
Là-dessus, ‘’L’Union pour la Patrie’’ explique que la Commission Electorale dont les membres viennent d’être élus « n’est pas composée uniquement pour le référendum » mais pour toutes les consultations électorales que le Togo organisera à court et moyen terme, à l’instar des législatives et éventuellement des locales.
Pour ce qui est du référendum, C’est une « voie suicidaire », prévient ‘’Le Canard Indépendant’’. De toute évidence, l’opposition récuse l’option référendaire et le pouvoir estime, quant à lui, qu’il revient au peuple, souverain primaire de trancher. Finalement, « qui pour départager les partisans et les opposants au référendum ? » s’interroge ‘’L’Humanité’’. Peut-être Agbéyomé Kodjo. L’ancien Premier ministre, aujourd’hui président du parti politique OBUTS propose une voie médiane, celle d’une relecture du projet de loi du gouvernement à la Représentation nationale.
En attendant, les manifestations de rue sont loin d’avoir dit leur dernier mot. La coalition des 14 formations politiques de l’opposition appelle à de nouvelles marches les mercredi 18 et jeudi 19 octobre prochains, informe ‘’Liberté’’. Pourtant, comme le rappelle ‘’L’Eveil de la Nation’’, le gouvernement vient d’interdire ces mêmes marches les jours ouvrables. « Restreindre la liberté de manifestation est l’erreur à ne pas commettre », recommande ‘’Le Canard Indépendant’’. « Cette décision risque de mettre le feu aux poudres et il faut déjà commencer par craindre les heurts entre manifestants et forces de l’ordre » la semaine prochaine si l’opposition maintient ses manifestations, commente ‘’Flambeau des Démocrates’’.
Selon les organisateurs de ces marches, celle de jeudi aura pour point de chute le siège de la CEDEAO à Lomé pour protester contre son parti pris pour le référendum. Ce faisant, c’est un « acte mal réfléchi », voire une « erreur politique » relève ‘’Flambeau des Démocrates’’. Pendant ce temps, l’opposition reste « divisée » entre dialoguer avec le pouvoir pour trouver une solution à la crise ou poursuivre avec les manifestations de rue, renseigne ‘’L’Eveil de la Nation’’. L’autre paire de manche étant celui qui représentera cette opposition à un éventuel dialogue, ajoute la publication.
En outre, ‘’Liberté’’ constate qu’ « aucune médiation n’est en cours, deux (2) mois après le début de la crise togolaise ». Justement, ‘’Le Canard Indépendant’’ se questionne : « quelle médiation pour une sortie de crise pacifique ? » ‘’Hara Kiri’’ répond en soulignant que « l’initiative d’une médiation de plusieurs chefs d’Etat de la région est de plus en plus confirmée ». C’est dans ce cadre que peut se situer la visite mercredi dernier du président béninois, Patrice Talon à Lomé. Faure Gnassingbé et son hôte ont évoqué la crise togolaise, mentionne ‘’L’Eveil de la Nation’’.
‘’L’Alternative’’ révèle que le chef de l’Etat togolais, par ailleurs, président en exercice de la CEDEAO, en compagnie de Marcel de Souza, président de la Commission de l’organisation communautaire, s’est rendu à Conakry pour discuter de la situation au Togo avec son homologue guinéen, président en exercice de l’Union Africaine, alors même que ce dernier a des « velléités » de modification de la constitution pour « s’éterniser » au pouvoir. Le tabloïd croit donc savoir pourquoi Faure Gnassingbé et « son beau-frère Marcel de Souza cherchent à impliquer Alpha Condé dans la crise togolaise » : avoir son soutien pour s’en sortir à bon compte. Le bihebdomadaire se demande également si « le cas togolais ne va pas finir d’achever ce qui reste de la CEDEAO ».
Reste que Faure Gnassingbé lui-même ne s’est pas encore prononcé depuis le début des manifestations de rue. Il est resté « muet comme une carpe de province depuis qu’une frange de la population défile dans un déluge de décibel dans les rues pour réclamer son départ » confirme ‘’Liberté’’. « Juste quelques mots, M. le président » supplie ‘’Flambeau des Démocrates’’ qui est « convaincu l’intervention du président de la République peut à elle seule résoudre la moitié, sinon considérablement la crise togolaise qui n’a que trop duré ». Et elle risque de prendre davantage de l’ampleur avec le front social qui s’apprête à se faire entendre, complètent les confrères.
Service de presse de la HAAC