Les suites du retrait des fréquences à LCF et City Fm sont évoquées dans les journaux parus ce lundi. Vers une issue favorable de la situation de la télévision LCF et de la radio City Fm ? C’est une interrogation de »Canal D ». « Tout porte à croire que oui, puisque face à la presse vendredi dernier le personnel de ses deux chaînes a affirmé privilégier dorénavant la voie du dialogue pour parvenir à une solution à l’amiable dans l’intérêt des 80 personnes employées par le groupe Sud Media, ceci après trois jours de marche », relève l’hebdomadaire. Non content d’avoir entamé les « négociations de couloir » auprès des institutions compétentes, en l’occurrence le Médiateur de la République, ledit personnel en appelle à « l’implication personnelle » du chef de l’Etat en vue de parvenir à une « solution qui préserve les acquis sociaux des employés ». Par ailleurs, ajoute le journal, le personnel du groupe Sud Media a « dénoncé les actions violentes ou propos haineux qui ont cours depuis le début de cette affaire et a condamné les récupérations politiques qui se font sur le dos de cette situation de détresse sociale ». « Le personnel du groupe Sud Media refuse toute récupération politique de leur situation », confirme »Forum de la Semaine ». Cette démarche des politiques de s’associer aux marches, »Le Combat du Peuple » la trouve « dégoûtante ». Une « tentative malsaine de politisation et de récupération par des acteurs politiques en mal de sensation forte d’un évènement relevant du droit », dénonce le journal. La publication se veut claire : ce n’est pas le « rôle » des partis politiques d’emboucher la trompette de dénonciation pour prétendre défendre la liberté de presse. En le faisant, ils « risquent de compliquer les choses au contraire ». Seul le dialogue peut permettre de trouver une solution à ce problème, assure le confrère. Dans tous les cas, le personnel de LCF et City Fm a clairement opté pour les négociations au détriment des manifestations de rue et d’un bras de fer. Cette posture n’est autre qu’un pied de nez des employés des deux chaînes aux organisateurs des manifestations de trois jours, souligne »Liberté » qui parle d’ « ingratitude ». « Quelque part, c’est »Adja-hoho » qui a raison, lorsqu’il conseillait dans ses commentaires d’un de ses films que lorsque tu vois un miséreux, de ne pas tout de suite avoir pitié de lui, mais de t’interroger d’abord sur les causes de sa situation actuelle », commente le quotidien privé. Pour sa part, »Vox Populi » élabore une analyse à cet effet et sous deux angles : l’angle « purement juridique » et celui « juridico-social ». Sur le plan purement juridique, observe la publication, la HAAC est dans son rôle et sa décision portant retrait des fréquences à LCF et City Fm « ne pose pas problème ». Alors, si lutte pour la réouverture des deux stations il doit y avoir, elle doit « privilégier la négociation pour éviter de réveiller les morts ». Sur le plan juridico-social, le recours du groupe Sud Media pour excès de pouvoir de la HAAC peut aboutir, poursuit l’hebdomadaire, car « l’autorité de la chose décidée n’est pas l’équivalente de la chose jugée ». De ce fait, le juge administratif de la Cour Suprême pourrait motiver sa décision comme suit : « Considérant que le groupe Sud Media fonctionne depuis 10 ans au Togo avec la complicité ou le silence de l’administration ; considérant que le groupe Sud Media engage du personnel togolais en majorité ; considérant que le groupe Sud Media fonctionne déjà comme media dans l’intérêt de la nation ; par conséquent, pour l’intérêt public, demande la réouverture du groupe Sud Media ». Le confrère précise que cela se ferait avec une « simple constitution de dossier » ; et pour résoudre le problème de droit de propriété, la décision du juge « pourrait s’accompagner par la nomination d’un administrateur provisoire dans l’intérêt public ». En outre, »Vox Populi » pense que le cas LCF et City Fm, même s’il est une « bombe », c’est plutôt une « bombe efficace qui doit réveiller les consciences ». « Il faut dénoncer tous ceux qui refusent de respecter la loi et qui croient être au-dessus de la loi sur la terre de nos aïeux et ceux qui les confortent dans cette situation en leur accordant indûment des droits et traitements de faveurs », insiste le tabloïd. En attendant de voir ce qu’il en retourne dans cette affaire pendante devant la justice, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication estime avoir pris ses responsabilités dans le respect de ses prérogatives. « Si un organe émet sans l’autorisation de la HAAC, c’est cette dernière qui a compétence à arrêter l’illégalité », réitère son président Pitang Tchalla dans une interview accordée la semaine dernière à »Forum de la Semaine » et reprise ce jour par »Nouvelle Opinion ». Dans le reste de l’actualité, les confrères se sont intéressés aux élections locales. »Liberté » rapporte que le ministre des Affaires Etrangères, Robert Dussey a annoncé depuis l’Allemagne, au cours d’une interview à la radio Deutsche Welle, qu’elles auront lieu d’ici la fin de cette année. Seulement, le journal s’interroge sur le « crédit » qu’il faut accorder à une telle annonce. « Sincérité ou annonce pour embobiner les autorités allemandes ? » se questionne la publication qui se demande « sur quelle base » M. Dussey, qui du reste, ne serait pas « compétent pour parler de cette question » se fonde pour annoncer le scrutin à fin 2017 au plus tard. Cette annonce a « semé le doute dans les esprits parce que certains y voient un coup de pub du ministre Dussey Robert pour émerveiller les officiels allemands qu’une information sérieuse reposant sur des bases consistantes », note »Courrier de la République ». Ce faisant, il a « mis le feu aux fesses du gouvernement » et surtout de son collègue Boukpessi qui avait mentionné une
Revue de presse N° 816 du 17 février 2017
Les suites du retrait des fréquences à LCF et City Fm continuent d’intéresser les journaux. Les publications du jour ne manquent pas d’évoquer le sujet. Pour s’enquérir de la situation des deux chaînes de télévision et de radio, une délégation du Secrétariat d’Etat auprès du ministre de la Justice et des relations avec les Institutions de la République, chargé des Droits de l’Homme, conduite par la Secrétaire d’Etat Mme Nakpa Polo, a effectué hier une visite à la HAAC. »Togo-Presse » s’en fait l’écho. L’agence de presse »Afreepress » elle, précise que ladite délégation est allée « s’informer de la réalité des faits et recueillir la version » de l’instance de régulation des médias. Les deux confrères d’ajouter qu’à l’occasion, le président de la HAAC a « montré à la Secrétaire d’Etat les preuves que les discussions ont été menées plusieurs fois sur le cas LCF et City Fm en présence de tous les membres ». Pendant ce temps, les manifestations de rue se poursuivaient pour demander la réouverture des deux organes. Elles ont eu lieu mardi, mercredi et jeudi mais à en croire »Togoréveil », elles étaient « les unes plus impopulaires que les autres ». L’Alternative » renseigne que plusieurs acteurs sont intervenus au cours de ces marches. « Si des gens ont des problèmes de personnes, qu’ils aillent régler ça entre eux », a déclaré Pasteur Edoh Komi. « La décision de fermeture de LCF et City Fm est une honte pour le Togo », lance l’artiste du Gospel Tonton CC. « Ils ont fermé X Solaire, ensuite Légende Fm. Si on ne fait rien, ils vont fermer toutes les radios et télévisions », renchérit le député Alphonse Kpogo. Pour le président du parti politique »Le Nid », la mobilisation doit continuer pour éviter d’en arriver à une situation où le pouvoir ne servira que ce qu’il a à dire sur les médias qui lui sont favorables sans possibilité de contradiction. Dans la même veine, le Secrétaire général du SYNJIT demande aux journalistes de « porter le message de l’incongruité et de l’incompétence en matière de cette décision qui a été prise ». Mais pas seulement. Alphonse Ken invite ses confrères à se mobiliser contre la mesure de la HAAC : « Si nous nous taisons aujourd’hui, ne soyez pas étonnés que demain, on trouve des subterfuges pour nous priver de nos emplois, de notre passion de travailler », insiste-t-il avant de reprocher à l’actuel président de la HAAC de n’avoir rien fait à l’origine de cette « incongruité, puisqu’il dit qu’il était là quand le dossier a été composé ». M. Ken en vient à la conclusion suivante : « S’il était là et il n’a pu rien faire, on dirait qu’il est venu à la HAAC pour régler ses comptes ». Dans tous les cas, le point de chute initial pour ces marches était le siège de la Haute Autorité mais les manifestants n’ont pu, durant les trois jours, accéder aux lieux, puisqu’ils ont été « stoppés dans leur élan par un dispositif des forces de l’ordre qui les empêchaient de continuer sur la HAAC », indique »L’Alternative ». Mais visiblement, les marcheurs comptent se prendre autrement la semaine prochaine. Ils « projettent de braver les barrières policières autour de l’institution », annonce le bihebdomadaire qui rapporte les propos du président de la Ligue des Consommateurs du Togo (LCT). « Le samedi 25 février prochain, nous irons à la HAAC, peu importe ce qui va se passer », soutient Emmanuel Sogadji. Propos similaires tenus toujours dans les colonnes de »L’Alternative » par le président du PPT, Carlos Kétohou. Les mêmes informations ou presque sont à lire dans »Liberté ». A en croire »Togoréveil », les partisans de Pascal Bodjona dont le nom est souvent associé à LCF et City Fm, se frottent déjà les mains en ce que le retrait des fréquences à ces deux stations et son corollaire feront la « publicité nécessaire » à l’ancien ministre de l’Administration territoriale « pour qu’il construise enfin sa »hutte » ». Seulement, prévient l’hebdomadaire, « sur le coup de la fermeture de LCF et City Fm, il n’y a pas une grande publicité à se faire ». Le journal suggère à Pascal Bodjona de « savoir dire »non » à tous ces corbeaux qui lui proposent des plans à la »con » et qui affirment le soutenir sans jamais le diriger vers les vraies solutions, à commencer par la négociation quand on n’est pas en règle ». En attendant, le président de la HAAC, M. Pitang Tchalla, à propos de la décision de la Haute Autorité relative à LCF et City Fm, réitère dans les colonnes de »L’Eveil de la Nation » qui reprend une interview de »Forum de la Semaine » que « La HAAC a pris ses responsabilités dans le respect de ses prérogatives » . De son côté, »Le Canard Indépendant » publie une libre tribune d’un compatriote à propos de l’affaire Groupe sud Media-HAAC. Dans cette analyse, l’auteur démonte point par point, les arguments avancés par les responsables de LCF et City Fm. Et de craindre que lesdits responsables ne perdent la bataille judiciaire qu’ils ont engagée contre l’Etat togolais à travers la HAAC. »L’Alternative » revient sur Pascal Bodjona et révèle qu’après la fermeture des deux chaînes dont il serait propriétaire, des manœuvres sont en cours pour « ressusciter le dossier dit d’escroquerie internationale ». Le tabloïd croit savoir que cette fois-ci, l’affaire ira en procès avec à la clé une condamnation mais l’ex-directeur de cabinet du président de la République n’ira pas en prison. Selon le bihebdomadaire, il s’agit de le condamner afin de « l’écarter de la prochaine course présidentielle pour laquelle il aurait des velléités », puisque Faure Gnassingbé « rêve d’un 4è mandat en 2020 voire plus et ne veut donc prendre aucun risque avec son ancien ami». « Ce nouveau feuilleton politico-judiciaire est une preuve suffisante que Faure Gnassingbé garde un œil ouvert sur son ancien collaborateur, même si certaines rumeurs disent qu’ils ont enterré la hache de guerre », commente
Communiqué de la HAAC relatif à la visite de la Secrétaire d’Etat chargée des Droits de l’Homme
Le Président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), M. Pitang TCHALLA a reçu, le jeudi 16 février 2017 à son siège, la Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Justice et des relations avec les Institutions de la République, chargée des Droits de l’Homme, Mme Nakpa POLO. Au centre des entretiens, les décisions de la HAAC portant retrait de fréquences à la télévision« LA CHAINE DU FUTUR » (LCF) et à la radio « CITY FM ». M. Pitang TCHALLA a montré à la Secrétaire d’Etat, les preuves que les discussions ont été menées plusieurs fois en plénière sur le cas LCF et City Fm en présence de tous les membres. Le Président de la HAAC a, par ailleurs, remercié Mme Nakpa POLO pour sa démarche et réitéré la disponibilité de l’instance de régulation des médias à accompagner le Secrétariat d’Etat auprès du ministre de la Justice et des relations avec les Institutions de la République, chargé des Droits de l’Homme dans sa mission complexe. Fait à Lomé, le 16 février 2017 Le Président de la HAAC Pitang TCHALLA
Revue de presse N° 815 du 16 février 2017
En tête d’affiche de l’actualité traitée dans les journaux parus ce jeudi, les suites du retrait des fréquences de LCF et City FM. Des organisations de la société civile battent le pavé depuis mardi pour réclamer la réouverture de la télévision LCF et de la radio City FM. « Et si on laissait la justice dire le droit ! », s’exclame »Chronique de la Semaine ». Par ailleurs, le confrère se demande si cette voie peut «aboutir à un bon résultat ». Pour l’hebdomadaire, il serait souhaitable que la télévision LCF et la radio City FM retrouvent leurs activités pour le bien de leurs téléspectateurs et auditeurs mais « la voie qui peut conduire à cette solution ne peut être que la voix judicaire. » »Waraa Les Vainqueurs » reprennent dans leurs colonnes une interview que le Président de la HAAC, Pitang TCHALLA a accordé au quotidien »Forum de la semaine ». Le premier responsable de la Haute Autorité « réaffirme que ces deux chaînes n’ont pas reçu d’autorisation de la HAAC et comme tel, existent illégalement ». « La rue maintient la pression pour la réouverture de LCF et City FM », note pour sa part »La Nouvelle Tribune ». Pour le tabloïd, même si la marche n’a pas chuté à la HAAC comme prévu, les organisateurs « comptent poursuivre ce jeudi 16 février les manifestations jusqu’à ce que le Président de la HAAC revienne sur sa décision ». « Flambeau des Démocrates » se fait l’écho du point de vue d’Agbeyome Kodjo sur ce »dossier HAAC-Sud Média ». Pour l’ancien Premier ministre du Togo, « La fermeture de LCF et City FM est une grave entorse faite à la liberté d’expression et à la démocratie en construction dans notre pays ». Le quotidien »Liberté » révèle quant à lui que « le groupe des six partis politiques rejoint le mouvement ce matin ». Le confrère écrit par ailleurs que « hier la délégation des organisations a pu rencontrer Pitang TCHALLA mais ce dernier a refusé de prendre la déclaration ». Ces marches des organisations de la société civile laissent sceptique le quotidien »Forum de la Semaine » qui s’interroge : « Nouvelle journée de manif pour quel résultat ? » Pour le quotidien privé, la tension des responsables de la manifestation a monté d’un cran, « comme la manifesté Nukunu Yao Eklo, président du Ton de la Jeunesse Patriotique (TJP) » (…) « Les responsables de la HAAC veulent qu’on les bouscule un peu. Comme nous voulons aller pacifiquement leur remettre la déclaration et ils refusent de la réceptionner, nous allons changer de stratégie, nous allons passer à la vitesse supérieure. De gré ou de force, ils vont réceptionner notre déclaration », menace M. EKLO »Le Bâtisseur » quant à lui fait une réflexion comparative entre la presse togolaise et ivoirienne. L’hebdomadaire analyse que la liberté de la presse passe « un sale temps » car, pendant qu’au Togo les médias sont « fermés », en Côte d’Ivoire, ce sont les journalistes qui sont « emprisonnés ». Le journal fait ainsi allusion à la fermeture de LCF et City FM au Togo et de l’emprisonnement en Côte d’Ivoire de trois patrons de presse et trois de leurs collaborateurs dimanche dernier. Pour lui, « on baisse la température en cassant le thermomètre » Derrière la fermeture de LCF et City FM, le Perroquet voit « la fermeture programmée de certains médias au Togo ». De jour en jour, la liberté de presse chèrement acquise après d’innombrables luttes est en danger, opine l’hebdomadaire. « Les prédateurs de la presse indépendante et critique, après avoir mis sous éteignoir LCF et City FM ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Ces derniers, avec à leur tête le tout puissant Pitang TCHALLA, Président de la HAAC après l’épisode du groupe Sud Média, mettent désormais le grappin sur les journaux qui refusent de voir dans la même direction que le prince », fait savoir le confrère. (…) « Sont dans le collimateur, les journaux comme le Perroquet, Liberté, l’Alternative, L’Indépendant Express et bien d’autres », croit-il savoir. Dans le reste de l’actualité, les journaux parus ce jeudi reviennent sur l’élection de Gilbert HOUNGBO à la tête du Fonds International du Développement Agricole. Gilbert HOUNGBO « reçoit les félicitations de Faure Gnassingbé », informe »Le Changement ». D’après Faure Gnassingbé, l’élection de HOUNGBO à la tête du FIDA est une « reconnaissance de ses compétences et qualités », renchérit »Forum de la Semaine » Le quotidien »Liberté » pense que l’accession de HOUNGBO à la tête du FIDA est due entre autres à sa grande expérience : « Plus de 30 ans d’expérience diversifiée dans la sphère politique, le développement international, la diplomatie, et la gestion financière », commente-t-elle. HOUNGBO, devenu sixième président à la tête du FIDA, «c’est une nouvelle qui fait honneur au Togo tout entier », opine »Flambeau des Démocrates ». Tout à fait autre chose, la politique a été traitée dans les colonnes de certains journaux. « Chronique d’un come-back sur la scène politique, Me AGBOYIBO : jusqu’où ?jusqu’à quand ? » se demande »La Nouvelle Tribune ». Me AGBOYIBO, le Bélier Noir a repris les rênes du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) dont il « est véritablement resté le chauffeur » mais pourra-t-il résister à l’épreuve du temps ? Jusqu’où est-il prêt à faire usage de la méthode ?, s’interroge le confrère. En ce qui concerne les réformes politiques, »Le Changement » rapporte le point de vue de Me AGBOYIBO sur le rôle de la commission de réflexion sur ces réformes : « La commission dite de réflexion est viciée à la source pour avoir été créée sans concertation avec l’opposition, violant ainsi les dispositions et l’esprit de l’APG de 2006 ». « Réformes constitutionnelles et institutionnelles, à qui profite le statu quo ? », s’interroge »Flambeau des Démocrates ». « A y voir de près, chaque acteur politique se plait dans son statut. Les opposants, fiers de le rester éternellement et le pouvoir en place, satisfait de garder les rênes du
Revue de presse N° 814 du 15 février 2017
L’actualité dans les journaux reste toujours dominée par les suites du retrait des fréquences à LCF et City Fm. Après la notification de ce retrait des fréquences, plusieurs organisations de la société civile ont appelé à une série de marches de protestation. La première journée était prévue hier, mais les choses ne se sont pas passées comme l’espéraient les marcheurs, relève »Forum de la Semaine ». D’après le quotidien privé, non seulement le point de chute initialement retenu, c’est-à-dire le siège de la HAAC, n’a pas été atteint, mais aussi la déclaration sanctionnant cette première journée n’a pu parvenir aux premiers responsables de l’institution de régulation. A en croire le journal, du carrefour Lomégan où ils se sont arrêtés, les manifestants ont lu leur déclaration qu’ils ont ensuite envoyé déposer à la HAAC mais en vain. Arrivé à l’heure de la pause de midi, le porteur de cette déclaration n’a pu la transmettre. « La déclaration qui est une correspondance qu’on réceptionne pour une institution respectable, au secrétariat, ils ont voulu la réceptionner au portail sous le soleil. Nous leur avons dit que (…) nous n’allons pas transmettre de cette manière une correspondance dont nous avons besoin d’une décharge », explique-t-il avant d’ajouter : « Ils nous disent qu’il est midi et qu’ils sont en pause, alors nous sommes repartis. Et pourtant, la porte de la HAAC était grandement ouverte ». « Les marcheurs n’ont pas atteint la HAAC promise », confirme »Le Libéral » qui précise qu’ils ont été « bloqués » au carrefour Lomégan par les agents de sécurité qui les ont encadrés depuis leur point de départ devant les locaux de la LCF. « Certes, la manifestation s’est déroulée sans heurt ni violence mais il convient d’attirer l’attention des autorités sur le nombre de personnes laissées actuellement sur le carreau, sachant que le groupe sud Media emploie environ 80 personnes », commente l’hebdomadaire qui suggère qu’une « issue favorable » soit trouvée pour dénouer la situation. Selon »Liberté », plusieurs journalistes, responsables d’associations, téléspectateurs et auditeurs étaient également de cette marche au cours de laquelle « des slogans hostiles aux dérives du président de la HAAC ont été scandés ». Quid du contenu de la déclaration lue au terme de la manifestation ? Ladite déclaration souligne que « la décision prise par Pitang Tchalla a été unilatérale, arbitraire et illégale » dans la mesure où elle concerne des faits qui remontent à plus de trois ans. Aussi, les manifestants pensent-ils que la Haute Autorité n’a pas compétence à retirer les fréquences aux médias, mais la justice sur saisine de l’instance de régulation ou par recommandations faites aux autorités compétentes en charge de la gestion des fréquences. En conséquence, les organisations de la Société civile « exigent la réouverture immédiate et sans conditions de LCF et City Fm ». La HAAC qui jusque-là ne s’était prononcée qu’à travers sa décision du 6 février, a répondu cette semaine aux questions de certains journaux sur ce sujet. « Nous sommes dans un état de droit et qui dit Etat de droit, dit exigence. La HAAC a pris ses responsabilités dans le respect de ses prérogatives », explique son président, Pitang Tchalla, dans une interview publiée sur le site web de l’institution et reprise dans les colonnes de »Vision d’Afrique ». Interview au cours de laquelle il a réaffirmé que les deux chaînes n’ont pas d’existence légale, étant attendu qu’elles n’ont déposé aucun dossier d’autorisation préalable auprès de la Haute Autorité. »Le Messager » affiche à sa une un autre morceau choisi de cette entrevue. « Si la HAAC ne prend pas cette initiative, de quel droit sanctionnerait-on les autres violations de cette loi », s’interroge le président. Alors, « les chantages, intimidations et menaces actuels n’y peuvent rien … », indique M. Tchalla dont les propos sont aussi rapportés dans »Le Libéral ». En fait, l’interview publiée par »Le Messager » est une reprise, puisque lundi déjà, »Forum de la Semaine » l’avait déjà fait. En outre, le quotidien privé avait publié en fac-similés le PV de la plénière au cours de laquelle la décision de la HAAC a été prise en présence de tous les membres. Seulement, »Liberté » semble battre en brèche l’authenticité de ce document et parle de « PV tronqués ». « A grand renfort médiatique, on tente de »vendre » cher du faux à l’opinion mais les Togolais ne sont pas dupes et savent discerner le vrai de l’ivraie », écrit le tabloïd. Le journal de s’offusquer lorsqu’il se rend compte que ce sont « les journalistes eux-mêmes qui montent au créneau pour prendre fait et cause pour les prédateurs de la liberté de la presse et faire la promotion de la fermeture des médias ». Sur un autre aspect, »Liberté » publie « le cri d’alarme » d’une togolaise de la diaspora qui animait une émission sur fonds propres sur LCF avant le retrait des fréquences. La publication assure que par cette mesure, « le pouvoir décourage l’investissement au Togo des compatriotes de l’étranger ». Les portails web tels que »Afreepress.info », »Togo-online-co.uk », »Togoactu24.com », »icilomé.com » et »Togotribune.com » se sont également fait l’écho de cette première journée de manifestation visant la réouverture de LCF et City Fm. En lien avec la presse, certains journaux rappellent l’agression du journaliste Robert Avotor de »L’Alternative », alors qu’il était sur les lieux d’un reportage relatif au foncier. L’OTM, l’UJIT et le CONAPP ont, dans un communiqué publié par »La Dépêche », condamné cet acte. Idem pour le PPT. La HAAC n’a pas été du reste. Elle a, à son tour condamné, dans un autre communiqué toujours publié par »La Dépêche », et »La Nouvelle », les violences subies par le confrère et expliqué avoir saisi le ministre de la Sécurité et le Directeur général de la Gendarmerie. Dans sa parution d’hier mardi, »L’Alternative » a consacré un article au communiqué de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication qu’il qualifie d’entrée de « curieux ». Le bihebdomadaire reproche à l’instance de régulation d’avoir mis en doute l’information de l’agression du journaliste en
Revue de presse N° 815 du 14 février 2017
Dans leur livraison du jour, les journaux se sont intéressés à la politique De l’accord Cadre de Lomé au HCRRUN : « les réformes politiques prennent désormais une destination rwandaise », écrit » l’Indépendant Express » L’épineuse question des réformes s’impose dans tous les débats politiques au Togo. « Fera, fera pas ? », se demande le confrère qui opine que le gouvernement togolais s’est toujours retranché dans des tables de négociations, ateliers d’échanges et cadres de discussions. Le « régime Faure Gnassingbé est-il disposé à opérer les réformes constitutionnelles et institutionnelles ? », s’interroge le tabloïd. En tout cas, poursuit le journal, la marque rwandaise désormais imprimée par le HCRRUN envoie définitivement le processus dans les « méandres de Sisyphe ». Le Togo ne devrait pas s’inspirer du Rwanda car l’expérience financière par exemple « imposée par ce pays est un fiasco avec l’OTR qui tire aujourd’hui le diable par la queue ». Toujours sur la question des réformes, »Courrier de la République » écrit : « la pilule de Awa Nana ne passe pas, le CAR intraitable ». Le HCRRUN entend commencer la mission à elle confiée ; pour ce faire, elle tente d’avoir l’avis de certains acteurs politiques, histoire de permettre à ces dernières de décliner leur vision de ces réformes à opérer. Pour le CAR de Me Yawovi AGBOYIBO, « tout a été prévu par l’APG et il faut pour tout travail lié aux réformes se référer à l’APG », fait savoir l’hebdomadaire. Pour le CAR, le dialogue entre le pouvoir et l’opposition s’impose avec éventuellement une demande du concours des experts si le besoin se fait sentir. Ainsi, « Le Comité d’Action pour le Renouveau de Me Yawovi Agboyibo reste intraitable », constate le confrère. Me Agboyibo a fait savoir à la délégation de la commission de réflexion sur les réformes que sur la forme, « la mise sur pieds de cette commission ne respecte pas l’esprit et la lettre de l’Accord Politique Globale », renchérie »Echos du Pays ». « L’ADDI déplore le flou qui caractérise la mission de la commission de réflexion sur les réformes », renseigne le quotidien privé »Liberté » Le confrère écrit par ailleurs que « les réformes institutionnelles et constitutionnelles restent et demeurent en 2017 les clés de l’avenir. » « Faure GNASSINGBE et Jean-Pierre FABRE ainsi que leurs partisans respectifs peuvent entrer dans l’histoire à condition de privilégier le Togo notre patrie, sur les égoïsmes injustifiés », pense le quotidien Le quotidien privé »Forum de la semaine » se demande quant à lui si face aux enjeux des prochaines législatives, l’opposition doit « continuer à faire des réformes, un combat politique prioritaire ». Pour le tabloïd, l’initiative prise par Faure Gnassingbé de mettre sur pieds la commission de réflexion sur les réformes se révèle être une « astucieuse manœuvre » qui risque de mettre tout ou une partie de l’opposition en très grande difficulté et à l’allure où vont les choses, « on va tout droit vers une situation de blocage autour de la question de l’APG ». « Dans ces conditions et à un an et demi des prochaines élections législatives, Jean-Pierre Fabre et ses alliés au sein de CAP 2015 pourront-ils et devront-ils continuer à faire de la question des réformes, un combat politique prioritaire ? », s’interroge le quotidien privé. L’opposition aura plus d’intérêt à s’organiser pour gagner les prochaines législatives et prendre le contrôle du gouvernement et de l’Assemblée nationale plutôt que de gaspiller son énergie à lutter pour des réformes qui se feront de toutes les façons selon les désidérata du parti au pouvoir, analyse le confrère. Sur un registre différent, ‘Courrier de la République » s’interroge : ‘Les secrets du 05 février 2005 : Qui a changé le plan initial du général ?’. Le confrère pense détenir « la vérité sur la succession de feu Eyadéma. » Avant la fatidique date du 05 février 2005, les rumeurs les plus folles circulaient sur la santé du Général Eyadéma. « Si Eyadéma se savait condamner, il avait son plan en vue de sa succession », croit savoir le confrère. Le Général aurait instruit le Chef d’Etat-major d’alors de prendre le pouvoir après sa mort, de gérer la transition et d’organiser dans les délais requis les élections et « faire gagner Faure GNASSINGBE. », commente-t-il. Mais que s’est-il passé entre temps ? « Courrier de la République répond : « Dans la précipitation, le plan du vieux sera enterré pour faire place à un autre ubuesque ». Ceux qui ont contrarié le plan préétabli ont opéré un passage en force, défonçant les barrières et les lois du pays. « L’allégeance des généraux dans la nuit du 05 février 2005, la course poursuite pour changer les dispositions à l’Assemblée nationale ont esquinté l’image du pays », écrit le confrère. Tout à fait autre chose, le bi-hebdomadaire »L’Alternative » affiche à sa une : des services 3 G au Togo: « Qui empêche Moov de déployer la fibre optique ? » Après avoir obtenu, suite à une « très longue attente », l’autorisation de déployer le 3 G au Togo, Moov Togo devra désormais « faire avec les caprices de l’Etat togolais. On craint même une remise en cause du cahier de charges signé en début d’année 2016 entre le gouvernement et la société de téléphonie mobile », fait savoir le confrère. « Refuser de permettre à Moov Togo de construire son réseau de fibre optique, c’est refuser le strict minimum en terme de concurrence dans les télécoms au Togo », opine le bi-hebdomadaire. Le journal satirique »Hara Kiri » se demande justement si le directeur général de Togotélécom, Romain TAGBA n’est pas « en train d’empêcher la réalisation du projet d’amélioration des services internet au Togo », projet que veut réaliser Moov-Togo. Le groupe Togotélécom qui est en train d’être restructuré « voudrait empêcher le projet de construction de backbone et amener Moov à louer les nouveaux services chez lui. Le but c’est de la contraindre à ne dépendre que du groupe étatique
Président Pitang Tchalla : « LCF et City Fm ne sont pas en règle vis-à-vis de la HAAC »
Le 6 février 2017, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a pris une décision portant retrait des fréquences à LCF et à City FM. Cette décision qui est diversement appréciée a motivé certains organes de presse à adresser une demande d’interview au Président de l’instance de régulation, question de cerner les contours de ce que d’aucuns qualifient d »’affaire LCF-City Fm ». Nous vous proposons la transcription de ces échanges. Bonne lecture ! Question : Vous venez de prendre une décision difficile en retirant les fréquences à la télévision LCF et à la radio City Fm qui émettent depuis une dizaine d’années. Pour certains, c’est un acte courageux qui vient mettre fin à une situation d’illégalité dans laquelle se trouvent les deux médias et pour d’autres, c’est un acte complètement illégal. Monsieur le Président, qu’est-ce qui justifie cette décision aussi lourde de conséquences qui continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive avec des condamnations venant du monde de la presse et de la société civile, tant sur le plan national qu’international. Pitang Tchalla : Courage ? Ce n’est pas une une question de courage. C’est une question de régulation. L’article 130, 3ème alinéa de la constitution stipule que « la HAAC est compétente pour donner l’autorisation d’installation de nouvelles chaînes de télévision et de radios privées ». Alors si un organe émet sans autorisation de la HAAC, c’est cette dernière qui a compétence à arrêter l’illégalité. Je réaffirme que ces deux chaines n’ont pas reçu d’autorisation de la HAAC et comme tel, existaient illégalement. L’article 24 de la loi organique spécifie que la HAAC est compétente pour accorder les autorisations d’installation et d’exploitation des chaines de radios et de télévisions. Dans le cas d’espèce, il est manifeste que les chaînes dont vous parlez ne sont pas en règle vis-à-vis de la Haute Autorité. Nous sommes dans un Etat de droit et qui dit Etat de droit dit exigences. La HAAC prend donc ses responsabilités dans le respect de ses prérogatives. Parfois le remède fait plus mal que la maladie. On nous a brandi une décision d’un prédécesseur mais il n’y a aucun dossier qui justifie cette démarche. Peut-on aujourd’hui sous prétextes qu’on a déposé des dossiers prétendre que la situation est normalisée ? Nous disons non et disons qu’il faut initier un nouveau dossier. Si la HAAC ne prend pas cette initiative, de quel droit sanctionnerait-on les autres violations de cette loi. Certains n’hésitent pas à parler avec légèreté de la décision de la HAAC comme une entrave à la liberté d’expression, oubliant volontairement que près d’une dizaine de télévisions privées diffusent librement au Togo, alors qu’il n’y a que quelques mois que la Côte d’ivoire a accepté l’ouverture de son espace audiovisuel par un cahier de charges très contraignant autorisant moins de cinq projets de télévisions privées. Donc en matière d’exercice et de garantie de la liberté d’expression, le Togo est bien en avance sur la classe. Le code de la presse et le paysage médiatique national en font foi. Q : On signale par ailleurs que plusieurs dossiers auraient disparus à la HAAC… P.T : Plusieurs dossiers, dit-on, auraient disparu ? Faux. En 2012, il était question de renouvellement de convention obligatoire pour les médias audiovisuels. C’est à cette occasion que la HAAC s’est rendue compte qu’elle ne peut pas renouveler, car il n’y a pas de dossier. On a argué en son temps que le Président de la République en est le propriétaire et on ne pouvait pas aller lui demander les dossiers. Qu’à cela ne tienne. Selon la loi, le chef de l’Etat ne peut pas avoir une chaine. Je confirme qu’elle est illégale. Et comme il n’y a aucun dossier, il n’y a pas de traçabilité. Cette argumentation signifierait qu’il y a eu violation de la réglementation en ce qui concerne les propriétaires. Et nous disons donc que c’est un nouveau dossier qu’il faut reprendre tout simplement. Q : D’aucuns soutiennent que les deux organes avaient participé à l’appel d’offres de 2007. Les responsables de LCF ont même exhibé une quittance d’achat du dossier d’appel d’offres… P.T: C’est faux, puisque nous avons la liste des médias qui y avaient participé. On va jusqu’à faire l’amalgame, toujours dans le souci de tromper son monde que groupe sud media, media sud, LCF, radio sud etc. c’est la même chose. Je ne suis pas un spécialiste de la question mais tous ces médias ne figurent pas sur la liste pour l’attribution des fréquences en 2007. Q : Comment justifier donc les documents que les responsables de LCF et City Fm brandissent ? P.T : Je ne vais pas douter de leur authenticité. Mais nous à la HAAC nous sommes formels, il n’y a aucun dossier. Q : Nous avons appris de sources proches du dossier qu’en 2015, les responsables du groupe Sud Medias ont déposé un dossier qui serait au point et qu’ils auraient payé les frais y afférents. P.T : Je peux vous dire qu’avant même qu’une demande de dossier ne soit acceptée pour étude, il y a le payement de « cent mille francs pour frais de dépôt de dossier de demande d’autorisation d’installation et d’exploitation de télévision », frais payés le 22 mai 2015. Cela veut dire que les deux médias existaient illégalement depuis 2007. Il n’y a aucun dossier relatif à la création de ces deux chaines. Ça veut dire que c’est un nouveau processus qui doit démarrer, ce que monsieur Abaki n’accepte pas. Q : Monsieur le Président, l’institution que vous présidez a été un tout petit peu secouée par cette décision. Un des membres a contesté la décision et va plus loin en saisissant la Cour Suprême… P.T : Les divergences au sein de la mandature sont normales et à l’honneur de ceux qui ont fait confiance à cette équipe en tenant compte du pluralisme d’opinions. Mais après les débats parfois houleux, une décision est prise et elle engage toute la mandature. Généralement, en tant que président, je privilégie le consensus.
Revue de presse N° 814 du 13 février 2017
Le retrait des fréquences à LCF et City Fm continue d’être en tête d’affiche de l’actualité traitée dans les journaux. Pour »La Symphonie », « la décision du président de la HAAC de fermer les deux chaînes a provoqué en ce début d’année tranquille un séisme de magnitude 12 sur l’échiquier de la presse nationale et internationale ». De son côté, »Togoactualité.com » informe que le CAP 2015 a rejoint la vague de contestations. Pour le regroupement de partis politiques, cette décision de la Haute Autorité « participe d’une campagne orchestrée par les nostalgiques du monolithisme dans le seul but de réduire la liberté d’expression acquise de haute lutte par le peuple togolais et porter atteinte à la pluralité des opinions, ainsi qu’à la diversité au sein du paysage médiatique togolais ». En outre, le CAP 2015 « interpelle le président et trous membres de la HAAC afin que soit rapportée cette décision pour permettre à la Chaîne du Futur et à City Fm de reprendre leur travail ». Depuis le 6 février dernier, LCF et City Fm ont cessé d’émettre « bien que la décision de la HAAC soit nulle et de nul effet, étant donné qu’au regard de la loi, l’institution de régulation n’a pas compétence à ordonner la fermeture d’une radio ou d’une télé », commente »La Symphonie ». Non content de rappeler que cette mesure de retrait de fréquences a été accompagnée de réactions de condamnation aussi bien au Togo que sur le plan international, le confrère croit savoir que « même Jésus-Christ a dû condamner à coup sûr cette décision » qui envoie au chômage 70 employés. Aussi, la publication pense-t-elle que ces réactions de condamnation « dénotent du caractère impopulaire du sort réservé au groupe Sud Media ». »Forum de la Semaine » s’est également intéressé au sujet et a mené une enquête sur ce qu’il considère comme le « guêpier HAAC-Sud Media ». Un dossier qui comporte, selon le quotidien, des « failles juridiques » et marqué par un « abus de pouvoir ainsi que des passe-droits ». « Un compromis pour la réouverture des deux organes est-il encore possible ? » se questionne le tabloïd qui donne la parole au président de la Haute Autorité. Interrogé donc par »Forum de la Semaine », Pitang Tchalla ne s’est pas étendu outre mesure sur cette affaire qui est encore pendante devant la Cour Suprême saisie par les responsables de LCF et City Fm. « Nous disons qu’il faut initier un nouveau dossier. Si la HAAC ne prend pas cette initiative de sanction, de quel droit sanctionnerait-on les autres violations de la loi sur les autorisations d’installation et d’exploitation des médias audiovisuels ? » se demande tout de même le président de l’instance de régulation qui réitère que LCF et City Fm n’ont pas participé à l’appel d’offre et donc ne disposent pas de dossiers à la Haute Autorité. En ce qui concerne les »divergences » au sein du collège des membres dans le cas d’espèce, le président Tchalla explique que « la procédure a été appliquée » aux plénières en présence des neuf membres qui ont « tous participé aux débats et personne n’a boycotté la décision finale ». Et comme telle, la décision « engage toute la mandature », ajoute-t-il. Par ailleurs, le confrère publie en fac-similé les « éléments de preuves » qui montrent d’une part, que l’affaire LCF-City Fm a été débattue en plénière en présence de tous les membres et d’autre part, que LCF et City Fm ne figurent pas sur la liste des participants à l’appel d’offre en 2007. Pour sa part, »Liberté » s’attarde sur la « conséquence majeure de la décision de Pitang Tchalla ». Selon le journal, « avec les démarches manifestement illégales et controversées » du président de la HAAC, l’éligibilité du Togo au programme Compact du MCC « s’apparente au mythe de Sisyphe ». En clair, avec cette donne, le « rêve » de ce programme « s’éloigne », assure le quotidien qui explique que « cette déduction est d’autant plus désolante que des sources proches des organisations de presse, certaines d’entre elles auraient entrepris des démarches auprès du coordonnateur du MCC-MCA afin que celui-ci décourage Pitang Tchalla dans son entreprise funeste ». « M. Baba l’aurait effectivement rencontré, mais apparemment, l’homme serait demeuré droit dans ses bottes », poursuit-il. »Liberté » soutient également que « déterminé à en finir avec LCF et City Fm, Pitang Tchalla a pré-signé SA décision de fermer les deux organes avant de partir assister à la cérémonie anniversaire de feu Gnassingbé Eyadema ». »Le Combat du Peuple » lui, se veut formel : « ce que la HAAC a fait est légal ». L’hebdomadaire pense qu’il faut arrêter les « controverses, polémiques, amalgames et surenchères inutiles ». Pour lui, il n’y a qu’un seul nœud à cette affaire, à savoir qui est le vrai propriétaire de LCF et City Fm, puisque, révèle le journal, le nom de Pascal Bodjona qui est associé à ces deux médias, même s’il était à l’époque chargé de « piloter le projet » de leur création n’en est pas le propriétaire. Là-dessus, »27avril.com » rapporte que l’administrateur du groupe Sud Media a déclaré la semaine dernière au cours d’une émission radiophonique que la vraie propriétaire des deux stations est Zaïna Bodjona, la femme de l’ex-ministre de l’Administration territoriale. « Et alors ? » s’interroge le portail web. Tout en déplorant les tentatives de récupération de ce retrait des fréquences « à des fins politiciennes », »Le Combat du Peuple » interpelle Philippe Evegno, président de la HAAC d’alors et les responsables de l’ART&P au moment de l’implantation de LCF et City Fm. Ils doivent s’exprimer pour situer l’opinion, souligne la publication. Mais pas seulement eux. Pascal Bodjona doit aussi prendre la parole. S’il continue de garder le silence dans ce dossier, il peut être considéré comme un « USURPATEUR », insiste le tabloïd. Quant à ceux qui menacent et accusent l’actuel président de la HAAC de faire entrave à la liberté de la
COMMUNIQUE DE LA HAAC RELATIF A L’AGRESSION D’UN JOURNALISTE
COMMUNIQUE
Revue de presse N° 813 du 10 février 2017
La semaine s’achève comme elle a commencé, avec à la une de l’actualité le retrait des fréquences à LCF et à City Fm. »Le Patriote » observe que « la patate chaude » filée aux différentes mandatures a finalement « trouvé un croqueur, un courageux » nommé Pitang Tchalla qui a signé la décision de retrait des fréquences radioélectriques des deux chaînes auxquelles la HAAC reproche de n’être pas en règle vis-à-vis de la réglementation en vigueur. Sauf qu’en prenant cette décision, le président de la Haute Autorité « se met dans une situation de forfaiture totale qui met à mal le monde médiatique togolais », commente le tabloïd. Cependant, ajoute l’hebdomadaire, la décision « inopportune » de l’instance de régulation a le mérite de contribuer à « crever l’abcès des pratiques tordues » dans l’administration togolaise. Le confrère se demande si Pascal Bodjona, dont le nom est associé à LCF et à City Fm n’est pas « victime des pratiques » qu’il a lui-même participer à faire prospérer lorsqu’il était aux affaires. »Le Canard Indépendant » qui se fait un large écho du point de presse du personnel du Groupe Sud Media, note que les hommes et femmes qui y travaillaient sont en « pleine psychose », ne sachant plus « à quel saint se vouer ». »Togomatin » lui, essaie de couper la poire en deux et assure que « si LCF et City Fm sont nés dans un péché originel comme l’infèrent certains, c’est que la HAAC a également besoin d’aller se laver de certains péchés passés, au Jourdain ». Pour sa part, »Togoréveil » répartit les torts entre Pascal Bodjona promoteur des deux médias, coupable de « l’impardonnable négligence » de n’avoir pas accompli toutes les formalités nécessaires à l’implantation des deux stations et la HAAC qui a mis du temps à décider de ne pas « laisser prospérer une entreprise qui n’est pas en règle ». Mais le confrère se veut clair, le fait pour un média évoluant dans « l’illégalité » de couvrir, entre autres, les activités de la présidence, de la HAAC et même de bénéficier de l’aide de l’Etat à la presse « ne peut s’assimiler à une autorisation ». »L’Eveil de la Nation » s’intéresse également au sujet et fait remarquer que les deux organes émettent depuis 2007 mais c’est 10 ans après que la HAAC dirigée par Pitang Tchalla constate l’irrégularité dans l’acquisition des fréquences par le groupe Sud media. « Que fait-on des principes des droits acquis et de la continuité de l’Etat ?» s’interroge la publication qui évoque également les conséquences de la décision de la Haute Autorité. Le tabloïd signale qu’elle aura des « incidences graves » sur le classement annuel de Reporter sans Frontières sans oublier le processus de Millénium Challenge Account dans lequel le Togo est engagé. A cela il faut ajouter « la mauvaise publicité que cela fera d’abord au président de la HAAC Pitang Tchalla qui est celui par qui la dépénalisation des délits de la presse a vu le jour et ensuite au chef de l’Etat qui a toujours pris de la hauteur par rapport au travail de la presse dans son ensemble ». Le journal d’exhorter l’institution de régulation à reconsidérer sa décision. En attendant, »L’Eveil de la Nation » constate qu’une « avalanche de condamnations et d’interpellations » a été enregistrée suite à la mesure de la HAAC. Organisations de la presse sur le plan national, la Fédération Internationale des Journalistes, l’Union internationale de la Presse Francophone, Reporter sans Frontières, les partis politiques et les organisations de la Société civile ont réagi, qui pour dénoncer « l’arbitraire » de la Haute Autorité, qui pour l’inviter à revenir sur sa décision. A propos de cette dernière catégorie d’acteurs, c’est-à-dire la société civile, une douzaine d’associations annonce 6 jours de marche, écrit »L’Alternative » qui publie aussi la réaction des organisations de presse et de la CDPA. En ce qui concerne cette marche, elle aura pour point de chute la HAAC et aura lieu les 14, 15 et 16 février d’une part et les 21, 22 et 23 février d’autre part. »L’Alternative » rappelle également que le membre de la HAAC, Zeus Aziadouvo a envoyé une correspondance à la Cour Suprême du Togo à propos de la situation de LCF et City Fm. Tout comme François Akila Boko, Koffi Kounté et Francis Pedro Amuzun, le bihebdomadaire présente le président du Comité technique Presse Ecrite comme un homme ayant fait preuve de « courage républicain », car « quand on refuse, on dit non ». Pour le journal, cet acte « rassure que tout n’est pas perdu dans ce pays où finalement, beaucoup ne jurent désormais que par leur ventre » et démontre qu’ « on peut être à la HAAC mais ne pas se soumettre à tous les diktats ». « Face aux bourreaux du peuple, ils doivent pouvoir compter sur la mobilisation populaire derrière eux », insiste-il. Dans leurs colonnes, les confrères ont aussi abordé les réformes politiques avec la commission de réflexion créée à cet effet qui a rencontré les responsables de l’ANC arcboutés sur l’APG. Par ailleurs, »L’Alternative » révèle comment le sous-lieutenant Salaka et ses hommes ont « torturé » mardi dernier son reporter Robert Avotor qui réalisait un reportage sur un litige foncier à Akato-Viépé. Pendant que l’Association des Victimes de la Torture au Togo (ASVITTO) « dénonce une agression »inacceptable » », le bihebdomadaire lui-même compte réserver « des suites judiciaires » à l’affaire et exiger des sanctions à l’encontre des gendarmes fautifs. Le Service de Presse/HAAC