La décentralisation et les réformes politiques sont en tête d’affiche de l’actualité dans les journaux parus ce vendredi.
Dans sa livraison d’hier, ‘’Liberté’’ relevait le fait que les Togolais soient sans nouvelles de la commission de réflexion sur les réformes constitutionnelles et institutionnelles qui tarde à faire des propositions dans ce sens. La préoccupation du journal serait-elle remontée jusqu’aux oreilles de la commission ? En tout cas, la structure présidée par Awa Nana Daboya, ainsi que le rapporte ‘’Forum de la Semaine’’ annonce dans un communiqué qu’elle organise une tournée nationale le mois prochain à l’effet de rencontrer les populations de toutes les préfectures aux fins de « recueillir leurs avis et suggestions pour nourrir la réflexion et proposer des réformes qui tiennent compte de notre histoire, reflètent nos réalités et répondent aux aspirations du peuple togolais ».
‘’Liberté’’ revient aujourd’hui sur le sujet après donc la publication de ce communiqué et qu
estionne le bien-fondé de cette tournée annoncée. « Quel est l’intérêt de toutes ces consultations lorsque la quintessence des réformes politiques, constitutionnelles et institutionnelles se résume, selon les recommandations de la CVJR, à la limitation du mandat présidentiel ? Ou lorsqu’un consensus a été dégagé à l’atelier du HCRRUN ? » se demande le quotidien privé. De la perception du confrère, il découle un manque de volonté de mettre en œuvre les réformes, surtout que, rappelle-t-il, au Benin et en Côte d’Ivoire la commission chargée des réformes s’est vue accorder un mois pour rendre son rapport.
Il faut dire que des propositions de textes ont été faites à propos de ces réformes y compris à l’Assemblée nationale sur la limitation du mandat mais les discussions semblent achopper sur l’application des nouvelles dispositions si elles venaient à être adoptées. Alors que d’aucuns estiment que l’application doit être rétroactive, d’autres soutiennent le contraire. C’est notamment le cas de Gerry Taama, le président du Nouvel Engagement Togolais fraîchement reconduit à la tête de son parti pour 4 ans. Pour ce dernier qui s’est exprimé dans les colonnes de ‘’Forum de la Semaine’’, tous les moyens sont bons pour obtenir les réformes, même s’il faut permettre à celui ou celle qui a déjà effectué deux mandats avant le début de l’application des nouveaux textes de se présenter à l’élection présidentielle. Il motive sa position par la nécessité de faire en sorte que le Togo ne soit plus, comme c’est le cas aujourd’hui, le seul pays où le scrutin se déroule à un tour et sans limitation du mandat.
A contrario, le CAP 2015 et surtout l’ANC pensent que la nouvelle loi sur la limitation du mandat doit interdire à quiconque aura déjà fait deux mandats d’être candidat. D’ailleurs, le parti de Jean-Pierre Fabre entend battre le pavé le 3 août prochain pour exiger la mise en œuvre des réformes. Et cela sans ses alliés du groupe des six qui ne trouvent pas opportune cette idée de déverser les militants dans la rue. « Difficile donc d’avoir une convergence de vue » sur les actions à mener pour l’aboutissement des réformes au sein de l’opposition, observe ‘’L’Eveil de la Nation’’. Le tabloïd précise que les acteurs politiques de l’opposition sont unanimes sur la nécessité d’opérer les réformes mais c’est le modus operandi qui les divise.
C’est peu de le dire, ce n’est pas l’unicité de voix et d’actions, encore moins les rapports cordiaux entre les responsables qui caractérisent le mieux les partis politiques de l’opposition. La dernière illustration est venue de Jean-Claude Homawoo, membre de l’UFC et conseiller de Gilchrist Olympio. L’Union des Forces de Changement appartient-elle toujours à l’opposition ? C’est la question posée à M. Homawoo par le site web ‘Republicoftogo’ dans un entretien dont ‘’Le Canard Indépendant’’ se fait l’écho.
Le conseiller n’a pas mis longtemps pour indexer ceux qui entretiennent cette confusion : « Les critiques récurrentes de Jean-Pierre Fabre ou de Yaovi Agboyibo sont motivées par la jalousie et par le fait de constater que le fondateur de l’UFC reste toujours très populaire. Est-ce le fait que l’UFC soit ou non de l’opposition qui empêche les autres partis d’obtenir les réformes ? ».
Cette sortie de Jean-Claude Homawoo suscite quelques commentaires chez ‘’Liberté’’. « Entre nous hein, n’est-ce pas la haine supérieure ça ? » écrit la publication. Doutant de la réalité de cette interview, le tabloïd ajoute : « Sous réserve que cet entretien soit vraiment authentique, Jean-Claude Van Damme doit revoir sa copie ».
Sur un tout autre sujet, ‘’L’Alternative’’ et ‘’Liberté’’ donnent à savoir que des centaines de candidats togolais au pèlerinage à la Mecque risquent de ne pouvoir accomplir ce 5è pilier de l’Islam cette année. A en croire les deux confrères, les 1800 places prévues pour l’édition 2017 du Hadj sont toutes occupées alors qu’il reste encore 300 personnes à inscrire.
Dans un registre différent, ‘’Le Canard Indépendant’’ revient sur la rencontre qui a réuni les parlementaires de la CEDEAO au Burkina Faso sur la limitation des naissances. Le journal se montre sceptique et souligne que les dirigeants africains doivent d’abord chercher à relever le défi de la bonne gouvernance économique et politique.
Parlant de la CEDEAO, un « sommet citoyen » de la société civile sous régionale s’est tenu du 13 au 15 juillet à Lomé sous son égide. Venus du Togo et d’ailleurs, renseigne ‘’La Montagne’’, les panélistes ont planché pendant trois jours sur le protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance. Selon l’hebdomadaire, il en est résulté plusieurs recommandations dont celle qui prescrit de « composer avec la société civile et les organisations syndicales comme entités pour le suivi et la mise en œuvre » dudit protocole. Les participants ont également recommandé, entre autres, de « mettre en place une commission indépendante d’experts chevronnés pour le suivi des processus électoraux dans l’espace communautaire ».
Toujours en lien avec la CEDEAO, ‘’Liberté’’, après avoir fait le constat de ce que les rackets aux frontières ont la peau dure, se demande si Faure Gnassingbé réussira le combat contre cette pratique.
Par ailleurs, ‘’La Montagne’’ décerne la « mention honorable » à la directrice générale de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, Ingrid Awadé. D’après le journal, elle a fait recruter 200 agents à la CNSS en 3 mois après sa nomination à la tête de cette structure.
En outre, ‘’Liberté’’ s’intéresse au groupe Canal+ et ses prestations qui laisseraient à désirer. Le quotidien révèle que derrière les campagnes de promotion du décodeur et de l’abonnement se trouvent une « indifférence aux plaintes des abonnés » et surtout « un air de dol et d’escroquerie intellectuelle » de cette société. Le quotidien de rappeler la « nécessité d’ouvrir le secteur à la concurrence » d’autres fournisseurs d’accès.
Et puis, ‘’L’Alternative’’ publie une longue interview d’Edem Kodjo. L’ancien Premier ministre togolais a abordé divers sujets tels le FCFA, la migration clandestine et la demande d’intégration du Maroc à la CEDEAO. Sur ce dernier point, M. Kodjo estime qu’au lieu d’une intégration, les chefs d’Etat de l’organisation communautaire auraient pu proposer un « accord de coopération, un deal gagnant-gagnant entre la CEDEAO et le Maroc ».
Enfin, l’ANC qui réagit à la mort tragique des cinq artistes humoristes suite à un accident de circulation. Non contente de présenter ses condoléances aux familles, elle « déplore les conditions de travail difficiles et bien souvent discriminatoires dans lesquelles le pouvoir RPT/UNIR maintient les artistes ». Aussi, l’Alliance Nationale pour le Changement appelle-t-elle l’ensemble du monde de la culture à « prendre conscience de ce que le régime en place n’offre aucune perspective de développement et d’épanouissement pour les artistes nationaux ».
Que cesse cette « instrumentalisation des morts », répond ‘’L’Union pour la Patrie’’. Le bihebdomadaire explique que « La question de l’engagement chez un artiste est une question trop sérieuse pour la laisser aux politiciens roulant pour leurs propres intérêts en flouant les masses ».
Le Service de Presse/HAAC